Peine

Bûcheron enragé contre l’arbre de vie,
Le Mal porte ses coups à notre mariage.

L’Homme (Tristan Cabral)

nous irons chercher l’Homme jusque dans ses terriers
et nous lui donnerons la chasse

Travail de nuit (Tristan Cabral)

c’était au temps de la Grande Mort…

Aime-moi

Aime-moi, mon amie, dans la paix et l’amour,
Dans l’espoir essentiel d’être tous deux des saints,

Verre-Satan (Xavier Grall)

Alcools, doux alcools, chers Satans ! Quand le diable transporta Jésus sur la montagne, par delà les orges, les blés, les jardins, quand il le poussa dans la rocaille désertique rouge, meurtrière, il le tenta non seulement par le pain mais par l’alcool.

Col du grand bois (Jean Joubert)

Avant le col, un sanglier franchit la route traînant derrière lui des guenilles de brume, s’enfonce dans la futaie où la neige craque.

Je retourne sans toi… (Pierre Guérande)

Je retourne sans toi dans ton pays de Flandre
tu as laissé là-bas tant de parfum léger
tant de beauté farouche arrimée dans l’oubli
et tant d’inoubliable enchâssé dans la lande

Le visage d'Annick (Jean-Claude Demay)

À Annick


Intermittentiellement illuminés des ciels les plus limpides et des étranges puretés les plus étonnamment cristallines ses yeux immenses et profonds comme les mers virides, les vertes bleuités des vagues aux écumes, ô ses immenses yeux profonds comme la mer

Femme-liane (Jean-Claude Demay)

Elle la femme-liane la bien-aimée
La très-chérie la toute-douce la très-belle
L’éternelle fiancée aux doigts orchestrant les caresses du cœur
Ô la tendre épousée de mariale Foi

Bienheureux l'alcoolique (Jean-Claude Demay)

Bienheureux l’alcoolique il a Dieu en lui
Il ignore toujours il ne sait pas encore
Que se lèvent pour lui les plus belles aurores
Et ces soleils nouveaux et l’étoile qui luit

Ma sœur ô mon amie (Jean-Claude Demay)

Ma sœur ô mon amie je ne te connais pas
Du fond du cœur pourtant je comprends ton alcool
Moi aussi j’ai suivi ton chemin pas à pas
Et je me suis plongé dans la jouissance folle

Ce ne fut pas une vie (Jean-Claude Demay)

Ce ne fut pas une vie, non, ce ne fut pas une vie, mais une agonie, une mort lente très vive, un cauchemar sans fin, et maintenant que je me sens toucher au terme, que mes actions et mes pensées, mes sentiments me semblent tous marqués d’une implacable fatalité, je m’insurge contre le principe, surtout le fait de vivre, et je prétends que comme moi beaucoup de gens ne vivent pas, ou que s’ils vivent ce n’est que par impossibilité, impuissance à pouvoir ne pas être, car n’est-ce pas la volonté de néant, d’inexistence absolue, qu’ils cherchent désespérément ?