Le poème de la quinzaine / fin septembre 2016

Le moderne :

Tristan Cabral, Le Passeur de silence

les jours tombèrent
et les yeux traversés de tant d’éclats de mer
j’ai dressé vers le ciel mes mains ensanglantées
et puis j’ai mis le feu à toutes les fontaines
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L’ancien :

Gérard de Nerval, Myrtho

Je pense à toi, Myrtho, divine enchanteresse,
Au Pausilippe altier, de mille feux brillant,
À ton front inondé des clartés d’Orient,
Aux raisins noirs mêlés avec l’or de ta tresse.
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La trouvaille :

Adélaïde Dufrénoy, Le Besoin d’aimer

Pourquoi depuis un temps, inquiète et rêveuse,
Suis-je triste au sein des plaisirs ?
Quand tout sourit à mes désirs,
Pourquoi ne suis-je pas heureuse ?
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Le poème de la quinzaine / début septembre 2016

Le moderne :

Yves Namur, Nous marchons

Nous marchons,
Nous marchons avec la solitude,
Avec la neige et les branches des arbres.
Nous marchons avec les errants,
Avec la parole perdue, les obscurs
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L’ancien :

Jean de la Fontaine, Le laboureur et ses enfants

Travaillez, prenez de la peine :
C’est le fonds qui manque le moins.
Un riche Laboureur sentant sa mort prochaine
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
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La trouvaille :

Louisa Siefert, Pourquoi ?

Pour la première fois, quittant votre air morose,
Vous m’avez, hier soir, donné le bras. Tandis
Que j’allais près de vous ainsi, comme jadis,
J’ai senti contre moi palpiter quelque chose.
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Le poème de la quinzaine / fin août 2016

Le moderne :

Yves Bonnefoy, Je vous lègue

Mes proches, je vous lègue
La certitude inquiète dont j’ai vécu,
Cette eau sombre trouée de reflets d’un or.
Car, oui, tout ne fut pas un rêve, n’est-ce-pas ?
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L’ancien :

Pierre Reverdy, Vieux port

Un pas de plus vers le lac, sur les quais, devant la porte éclairée de la taverne.
Le matelot chante contre le mur, la femme chante. Les bateaux se balancent, les navires tirent un peu plus sur la chaîne.
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La trouvaille :

Marguerite de Navarre, Mon seul Sauveur

Mon seul Sauveur, que vous pourrais-je dire ?
Vous connaissez tout ce que je désire ;
Rien n’est caché devant votre savoir ;
Le plus profond du cœur vous pouvez voir :
Par quoi à vous seulement je soupire.
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Le poème de la quinzaine / début août 2016

Le moderne :

Antoine Maine, Une vie avec du ciel

C’est jour de famine
comme s’il n’y avait pas assez de ciel
comme si les oiseaux venaient à manquer d’ailes

Ses grandes mains sont vides
encore collantes du souvenir

Dans mon dos
l’avalanche remonte les versants

Source

L’ancien :

Anna de Noailles, De quoi t’ai-je frustré ?

De quoi t’ai-je, en ce jour, frustré, cœur endormi ?
Du vivre, du souffrir, des regrets, de l’espoir ?
Du sourd discernement d’être enclos à demi
Dans la brume insoluble et croissante du soir ?
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La trouvaille :

Sébastien-Charles Leconte, Les ténèbres suprêmes

Sur quelles mers, sous quels caps de l’infini sombre,
La flotte des soleils, aux pavois bardés d’or,
Éteindra-t-elle enfin ses feux, sanglants encor
Des suprêmes combats livrés aux Dieux de l’ombre ?
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Le poème de la quinzaine / fin juillet 2016

Le moderne :

Pierre Emmanuel, L’exilé de novembre

Je pars. tes lents cheveux sanglotent sur mon âme,
et déjà tu me perds dans l’ombre, ô bien-aimée !
Qui donc est revenu jamais ? Un soir d’automne
une feuille tombée sur la vasque, ce cri
d’un pas sur le gravier des heures ! mais l’allée
s’éloigne, et le passant se hâte vers l’hiver.
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L’ancien :

Robert Desnos, Ce cœur qui haïssait la guerre

Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !
Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent
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La trouvaille :

Jacques de Constans, La mort, la nuit

Amoureux forcené plein d’horreur et de rage,
Quand pourrai-je jouir d’une éternelle nuit ?
Quand avecque la mort finirai-je mon âge
Échappé de l’enfer où l’amour me conduit ?
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Le poème de la quinzaine / début juillet 2016

Le moderne :

Claude Cailleau, Petites proses 2

Tu parlais dans le soir, à l’heure où les cheminées veillent sur les bûches écroulées dans les cendres de la journée, le verre en main, la voix haute. Tu parlais pour un monde d’absents. Tous des ombres. Tous disparus.
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L’ancien :

Marc-Antoine de Saint-Amant, Plainte sur la mort de Sylvie

Ruisseau qui cours après toi-même
Et qui te fuis toi-même aussi,
Arrête un peu ton onde ici
Pour écouter mon deuil extrême.
Puis, quand tu l’auras su, va-t’en dire à la mer
Qu’elle n’a rien de plus amer.
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La trouvaille :

Nérée Beauchemin, La Glaneuse

Debout, le buste droit, la poitrine gonflée
Du souffle que dilate et rythme le travail,
Elle attend, tout de toile et de laine habillée,
Le départ pour les champs des gens et du bétail.
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Le poème de la quinzaine / fin juin 2016

Le moderne :

André Laude, Si j’écris

si j’écris c’est pour que ma voix vous parvienne
voix de chaux et sang voix d’ailes et de fureurs
gouttes de soleil ou d’ombre dans laquelle palpitent nos sentiments
si j’écris c’est pour que ma voix vous arrache
au grabat des solitaires, au cauchemar des murs
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L’ancien :

François de Malherbe, Consolation à M. du Périer

Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle ?
Et les tristes discours
Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
L’augmenteront toujours ?
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La trouvaille :

Amélie Murat, Pour l’amour éternel

Vos yeux où réfléchir mes larmes bienheureuses,
Vos bras en qui mes plus beaux rêves sont bercés,
Ce bonheur suffisant à d’autres amoureuses,
S’il est pour moi beaucoup, n’est pas encore assez.
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