Le poème de la quinzaine / fin mai 2016

Le moderne :

Anne Fontaine, La pie

Ce soir, je n’ai pas vu la lune.
Je l’ai cherchée derrière le mur
Et sous les feuilles mortes.
J’ai retourné les poches des passants
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L’ancien :

André Gide, Je t’enseignerai la ferveur

Nathanaël, je t’enseignerai la ferveur.
Nos actes s’attachent à nous comme sa lueur au phosphore. Ils nous consument, il est vrai, mais ils nous font notre splendeur.
Et si notre âme a valu quelque chose, c’est qu’elle a brûlé plus ardemment que quelques autres.
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La trouvaille :

Henry-Jacques, Les martyrs

Vous qui dîtes : « Mourir, c'est le sort le plus beau »,
Et qui, sans le connaître, exaltez le tombeau,
Venez voir de plus près, dans ses affres, fidèle,
Cette mort du soldat qui vous semble si belle.
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Le poème de la quinzaine / début mai 2016

Le moderne :

Jean-Philippe Salabreuil, Soleil d’esprit

Alleluia ! Tu laboures de tes os le poudreux champ de la mort. Tu sèmes la semence d’un pourrissant visage tant aimé. Qui es-tu aujourd’hui qu’il n’est plus de regards ? Nul ne piétine les gazons de la berge obscure. Et nul ne vient vers toi la main tendue.
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L’ancien :

Tristan L’Hermite, La plainte écrite de sang

Inhumaine beauté dont l’humeur insolente
En méprisant mes vœux se rit de ma langueur,
Je veux convaincre ici ton ingrate rigueur
Par les vifs arguments d'une raison sanglante.
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La trouvaille :

Eugénie Casanova, La petite mendiante

Et quand j’ai bien chanté, chanté sans perdre haleine,
On me frappe là-bas, si je n’apporte rien...
Je n’ai jamais connu que le poids de la chaîne,
Et jamais une voix n’a dit : Enfant, c’est bien !
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Le poème de la quinzaine / fin avril 2016

Le moderne :

Ile Eniger, à S. & C.

On marche. On marche un monde multiple sur une planète plus grande que les buts. On marche dans un univers plus immense que les pensées. Au foin des errances, on espère l’allumette qui embrasera, qui révélera la puissance de la moisson.
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L’ancien :

René Guy Cadou, La nuit

La nuit ! La nuit surtout je ne rêve pas je vois
J’entends je marche au bord du trou
J’entends gronder
Ce sont les pierres qui se détachent des années
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La trouvaille :

Charles Van Lerberghe, Je l’ai tué

Je l’ai tué, je l’ai tué !
Il tombe.
Écoute. Une voix dans le soir a crié
Sur la mer sombre : Tu l’as tué !
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Le poème de la quinzaine / début avril 2016

Le moderne :

Jean Grosjean, Élégie

Mieux vaudrait ta rancune que ton silence si tu me laisses à ce semblant de vie qu’allument, le soir, les hommes au bord des routes.
Que j’ai souffert des étoiles moqueuses quand jamais aube avec ses regards verts n’allait rien voir de toi dans les buissons !
Longtemps ton nom n’a été qu’un murmure de brise qui rôde à travers les feuillages mais mon cœur n’écoutait rien d’autre.
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L’ancien :

Louis Aragon, Les yeux d’Elsa

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
J’ai vu tous les soleils y venir se mirer
S’y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire
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La trouvaille :

Renée Vivien, Je pleure sur toi…

Le soir s’est refermé, telle une sombre porte,
Sur mes ravissements, sur mes élans d’hier…
Je t’évoque, ô splendide ! ô fille de la mer !
Et je viens te pleurer, comme on pleure une morte.
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Le poème de la quinzaine / fin mars 2016

Le moderne :

Thierry Cabot, Elle

Rien ne l’empêchera, toute espérance morte,
De rêver comme hier aux splendeurs de sa porte.
Chaque matin semblable aura voulu toujours
Du même et beau visage orner cent tristes jours.
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L’ancien :

Robert Desnos, À la faveur de la nuit

Se glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit.
Suivre tes pas, ton ombre à la fenêtre.
Cette ombre à la fenêtre c’est toi, ce n’est pas une autre, c’est toi.
N’ouvre pas cette fenêtre derrière les rideaux de laquelle tu bouges.
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La trouvaille :

Claude Hopil, Cantique XXX

Du rien je m'achemine aux pieds de Jésus-Christ,
Des pieds à son côté où je reçois l'esprit
Qui fait parvenir l'homme à la divine bouche ;
On jouit en ce lieu d'une si grande paix
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Le poème de la quinzaine / début mars 2016

Le moderne :

Colette Gibelin, Dans le doute et la ferveur

Au-delà de la mer,
disais-tu,
quelles lumières ?
Vers quel destin de pierre et de sable
tourner des visages creusés
par la brûlure d’exister.
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L’ancien :

Maurice de Guérin, La bacchante

Voilà la montagne dépouillée des chœurs qui parcouraient ses sommets ; les prêtresses, les flambeaux, les clameurs divines sont retombés dans les vallées ; la fête se dissipe, les mystères sont rentrés dans le sein des dieux.
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La trouvaille :

Jean de la Ceppède, Jésus-Christ nouvel Orphée

L’amour l’a de l’Olympe ici-bas fait descendre ;
L’amour l’a fait de l’homme endosser le péché ;
L’amour lui a déjà tout son sang fait épandre ;
L’amour l’a fait souffrir qu’on ait sur lui craché
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Le poème de la quinzaine / fin février 2016

Le moderne :

Jean-Claude Demay, Ce ne fut pas une vie

Ce ne fut pas une vie, non, ce ne fut pas une vie, mais une agonie, une mort lente très vive, un cauchemar sans fin, et maintenant que je me sens toucher au terme, que mes actions et mes pensées, mes sentiments me semblent tous marqués d’une implacable fatalité, je m’insurge contre le principe, surtout le fait de vivre
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L’ancien :

Victor Hugo, Amis ! un dernier mot !

Amis, un dernier mot ! — et je ferme à jamais
Ce livre, à ma pensée étranger désormais.
Je n’écouterai pas ce qu’en dira la foule.
Car, qu’importe à la source où son onde s’écoule ?
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La trouvaille :

Sabine Sicaud, Ah ! Laissez-moi crier

Ah ! Laissez-moi crier, crier, crier…
Crier à m’arracher la gorge !
Crier comme une bête qu’on égorge,
Comme le fer martyrisé dans une forge,
Comme l’arbre mordu par les dents de la scie
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