Le poème de la quinzaine / début décembre 2016

Le moderne :

Jean Lavoué, Pour Anne-Marie M.

Pourquoi le mystère de la mort
Nous est-il apparu si simple en ta présence
Pourquoi l’automne a-t-il cette douceur
Pourquoi même les animaux de l’arche sont complices
Pourquoi de très loin l’univers nous fait signe
Pourquoi le ciel nous couvre de caresses
Pourquoi la terre nous prend-elle sur son sein
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L’ancien :

José-Maria de Heredia, Soleil couchant

Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ;
Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.
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La trouvaille :

Cécile Sauvage, Beauté, dans ce vallon

Beauté, dans ce vallon étends-toi blanche et nue
Et que ta chevelure alentour répandue
S’allonge sur la mousse en onduleux rameaux
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Le poème de la quinzaine / fin novembre 2016

Le moderne :

Marie-Pascale Jégou, Soleil ! Soleil de ma vie !

Soleil ! Soleil de ma vie !
Un instant dans mes doigts s’arrête le fil d’or. Le tremble du jardin a frôlé ma fenêtre. La terre ramoitie s’abreuve de silence.
Mais c’est l’ombre de toi…
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L’ancien :

Pierre de Ronsard, Mignonne, allons voir si la rose

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée
Et son teint au vôtre pareil.
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La trouvaille :

Tristan Derême, Puisque je suis assis

Puisque je suis assis sous ce pin vert et sombre
Qui domine au soleil les tumultes marins,
Ô Muse, apporte-moi les syllabes de l’ombre
Pour rimer au premier de ces alexandrins.
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Le poème de la quinzaine / début novembre 2016

Le moderne :

Paul Laborde, Olympe

Olympe,

je crois que je fatigue.

Mes jambes s’inquiètent du sol
qui les tient.
Elles n’osent plus courir,
elles n’osent plus sauter.

Tu étais là, tu ne l’es plus :
mes jambes se perdent,
elles ne savent plus danser.

Source

L’ancien :

Paul Verlaine, Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.
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La trouvaille :

Jean Ogier de Gombauld, Cette source de mort

Cette source de mort, cette homicide peste,
Ce péché, dont l’enfer a le monde infecté,
M’a laissé, pour tout être, un bruit d’avoir été,
Et je suis de moi-même une image funeste.
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Le poème de la quinzaine / fin octobre 2016

Le moderne :

Isabelle Callis-Sabot, Nostalgie

J’ai laissé, loin de moi, à l’abri des montagnes
Un village blotti au milieu des coteaux,
La brise du matin, les fleurs de la campagne
Et le grand mimosa où nichent les oiseaux
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L’ancien :

Paul Éluard, Léda dans son premier sommeil

Je dormais couchée sur le ventre
J’avais conscience de mon ventre
Le ciel pesant coulait en moi
Par mille graines de blé vif
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La trouvaille :

Maurice Blanchard, L’énorme beauté qui va survenir

Les grandes orgues de la destruction, les orages et les vagues de la mer éternellement jeune, voilà l’entrée triomphale de la justice déferlant sur vos châteaux en Espagne bâtis sur le vent, sur la chair et le sang sacré des êtres créés et non créés.
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Le poème de la quinzaine / début octobre 2016

Le moderne :

Christian Bobin, extrait du Très-Bas

Écoutons les bruits du monde à la fenêtre. Le bruit de l’or, le bruit de l’épée, le bruit des prières. Ceux qui comptent leurs sous derrière un rideau lourd. Ceux qui cuvent leur vin au fond de leur château. Ceux qui marmonnent sous la dentelle des anges
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L’ancien :

Charles Péguy, Pour le mercredi 8 janvier 1913

Comme Dieu ne fait rien que par miséricordes,
Il fallut qu’elle vît le royaume en lambeaux,
Et sa filleule ville embrasée aux flambeaux,
Et ravagée aux mains des plus sinistres hordes
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La trouvaille :

Philippe Desportes, C’était un jour d’été

C’était un jour d’été de rayons éclairci,
J’en ai toujours au cœur la souvenance empreinte,
Quand le ciel nous lia d’une si ferme étreinte
Que la mort ne saurait nous séparer d’ainsi.
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Le poème de la quinzaine / fin septembre 2016

Le moderne :

Tristan Cabral, Le Passeur de silence

les jours tombèrent
et les yeux traversés de tant d’éclats de mer
j’ai dressé vers le ciel mes mains ensanglantées
et puis j’ai mis le feu à toutes les fontaines
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L’ancien :

Gérard de Nerval, Myrtho

Je pense à toi, Myrtho, divine enchanteresse,
Au Pausilippe altier, de mille feux brillant,
À ton front inondé des clartés d’Orient,
Aux raisins noirs mêlés avec l’or de ta tresse.
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La trouvaille :

Adélaïde Dufrénoy, Le Besoin d’aimer

Pourquoi depuis un temps, inquiète et rêveuse,
Suis-je triste au sein des plaisirs ?
Quand tout sourit à mes désirs,
Pourquoi ne suis-je pas heureuse ?
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Le poème de la quinzaine / début septembre 2016

Le moderne :

Yves Namur, Nous marchons

Nous marchons,
Nous marchons avec la solitude,
Avec la neige et les branches des arbres.
Nous marchons avec les errants,
Avec la parole perdue, les obscurs
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L’ancien :

Jean de la Fontaine, Le laboureur et ses enfants

Travaillez, prenez de la peine :
C’est le fonds qui manque le moins.
Un riche Laboureur sentant sa mort prochaine
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
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La trouvaille :

Louisa Siefert, Pourquoi ?

Pour la première fois, quittant votre air morose,
Vous m’avez, hier soir, donné le bras. Tandis
Que j’allais près de vous ainsi, comme jadis,
J’ai senti contre moi palpiter quelque chose.
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