Le poème de la quinzaine / fin mars 2017

Le moderne :

Florence Noël, Ni de sang, ni de sens

ce soir
je voudrais tant écrire quelque chose
de gai
que comprenne ma fille
au cœur d’or au cœur douloureux
elle qui aime les mots pour
leur musique étrange, les répliques des films
excelle
en conversations volées
lire la suite du poème...

L’ancien :

Alfred de Vigny, Une âme devant Dieu

Dis-moi la main qui t’enlève,
Ô mon âme, et dans un rêve
Te montre la vérité !
D’où vient qu’un songe m’emporte
Jusques au seuil de la porte
Qu’entr’ouvre l’Éternité
lire la suite du poème...

La trouvaille :

Honorat de Bueil de Racan, Chanson d’Alcidor

Noir séjour de l’horreur, ténébreuses vallées,
Que du monde et du jour nature a reculées,
Agréable repos des esprits languissants,
Dans l’abîme d’enfer, dont vous êtes voisines,
Les vengeances divines
Ont-elles rien d’égal aux peines que je sens ?
lire la suite du poème...

Le poème de la quinzaine / début mars 2017

Le moderne :

Philippe Delaveau, Supplication de Pâques

Est-ce le Rhin ce fleuve, ou l’Escaut, la Tamise
ma tête est comme un pont, l’eau tourbillonne, frise
de souvenirs tremblants, j’oublie ma vie dehors
on marche bruyamment, soudain pénombre, l’or
autour de ce visage peint sur une icône au mur
lire la suite du poème...

L’ancien :

Stéphane Mallarmé, Brise marine

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
lire la suite du poème...

La trouvaille :

Anne Osmont, Sonnet

Le sang du soir ruisselle en l'or sanglant des vignes,
Dans les pins violets pleure le vent du soir :
Voici l'heure câline où l'on aime s'asseoir
À deux, près de l'étang qu'attriste un vol de cygnes.
lire la suite du poème...

Le poème de la quinzaine / fin février 2017

Le moderne :

Pierre Perrin, La haine en larmes

Ils regardent le monde avec des yeux d’Auschwitz. Ils hurlent à la paix, ils réclament justice. Aux terrasses bondées, leur jeunesse en chair folle explose. Il ne lui reste que la mort, pour vivre.
lire la suite du poème...

L’ancien :

Paul Éluard, En vertu de l’amour

J’ai dénoué la chambre où je dors, où je rêve,
Dénoué la campagne et la ville où je passe,
Où je rêve éveillé, où le soleil se lève,
Où, dans mes yeux absents, la lumière s’amasse.
lire la suite du poème...

La trouvaille :

Alphonse Beauregard, Le damné

Je voudrais que la nuit fût opaque et figée,
Définitive et sourde, une nuit d’hypogée ;
J’oserais approcher, soudainement hardi,
De la femme pour qui je suis un grain de sable
lire la suite du poème...

Le poème de la quinzaine / début février 2017

Le moderne :

Jean-Philippe Salabreuil, Je suis là

Vous me croyez vivant
Je laisse mes yeux ouverts
Je regarde la nuit
Et je sais pour vous plaire
Y poster deux hiboux
lire la suite du poème...

L’ancien :

Charles Leconte de Lisle, Midi

Midi, roi des étés, épandu sur la plaine,
Tombe en nappes d’argent des hauteurs du ciel bleu.
Tout se tait. L’air flamboie et brûle sans haleine ;
La terre est assoupie en sa robe de feu.
lire la suite du poème...

La trouvaille :

Émilie Arnal, Je vous aime

Seigneur, vous le savez aussi que je vous aime,
Moi, dont le faible cœur, par mille nœuds lié,
Vous a depuis longtemps trop souvent renié !
Je vous aime pourtant beaucoup plus que moi-même.
lire la suite du poème...

Le poème de la quinzaine / fin janvier 2017

Le moderne :

Marc Dugardin, Après une lecture / André du Bouchet

tout a commencé
avec le gris sur le lac

avec sous le jour
le remuement d’un autre jour

avec le vent indéchiffré
et l’homme pris de vitesse

avec le crayon
tendu entre deux lignes

et soudain le miroitement
d’une enfance presque tranquille

Source

L’ancien :

François Villon, La ballade des pendus

Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
lire la suite du poème...

La trouvaille :

Alice de Chambrier, La lune rouge

C’est le soir ; la bataille est enfin terminée :
Le vaincu s’est enfui, le vainqueur est lassé,
Et la fleur du pays, en un jour moissonnée,
Jonche tous les replis du sol dur et glacé.
lire la suite du poème...

Le poème de la quinzaine / début janvier 2017

Le moderne :

Pierre Guérande, Meuse endormeuse

Et plus loin, le bonheur en pièces détachées
en tronçons tarifés pour l’honneur des lisières
et en vastes décors découpés en épures
Quelques talus hirsutes quelques rives farouches
et ce large miroir qui suffit à la glèbe
lire la suite du poème...

L’ancien :

André Chénier, La jeune captive

L’épi naissant mûrit de la faux respecté ;
Sans crainte du pressoir, le pampre tout l’été
Boit les doux présents de l’aurore ;
Et moi, comme lui belle, et jeune comme lui,
Quoi que l’heure présente ait de trouble et d’ennui,
Je ne veux point mourir encore.
lire la suite du poème...

La trouvaille :

Jean-Paul de Dadelsen, Dépassé. Provisoirement

Sombre. Mais l’espace plus vaste.
Moins de gens. Le sentier dans l’obscurité
mène-t-il vers une solitude plus vraie ?
Peut-être est-ce à cet âge, en ce lieu, ici
que se partagent les routes.
lire la suite du poème...

Le poème de la quinzaine / fin décembre 2016

Le moderne :

Claude-Henri Rocquet, Tristan

À la dernière année, au dernier pas de la tour, sur la terrasse la plus haute, dans le berceau du vertige, à la hauteur des nuages, à la hauteur des plus hautains oiseaux, à la cime glacée du vent, quand il est parvenu, barbe blanche et visage maigre, il n’a plus de regard.
lire la suite du poème...

L’ancien :

Saint-John Perse, Chant pour un équinoxe

L’autre soir, il tonnait, et sur la terre aux tombes j’écoutais retentir
cette réponse à l’homme, qui fut brève, et ne fut que fracas.
Amie, l’averse du ciel fut avec nous, la nuit de Dieu fut notre intempérie,
et l’amour, en tous lieux, remontait vers ses sources.
lire la suite du poème...

La trouvaille :

Christofle de Beaujeu, Ô belle Nuit

Ô belle Nuit, tu es évanouie,
Où sont logés tes chevaux furieux
Qui brunissaient d’une haleine obscurcie
Les monts, les vaux, les plaines et les cieux ?
lire la suite du poème...