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Le poème de la quinzaine / fin novembre 2018

Le moderne :

Cécile Coulon, Une de perdue, dix de troublées

les bruits qui courent sont fatigués j’étais une fille sans histoire je n’avais pas de souvenirs ça faisait mal de sourire
à des caméras braquées sur moi comme un serpent docile je ne sais pas vous parler mais je sais vous écrire
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L’ancien :

Tristan Tzara, La mort de Guillaume Apollinaire

nous ne savons rien
nous ne savions rien de la douleur
la saison amère du froid
creuse de longues traces dans nos muscles
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La trouvaille :

Abraham de Vermeil, Au supplice

Ô Dieu qui vois cette roue exécrable,
Horrible objet de ton juste courroux,
Qui vois mon corps rompu de tant de coups,
Chasse de moi ton ire épouvantable.
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Bientôt, Eyzahut (Cécile Coulon)

Tu as éparpillé des morceaux de mes ancêtres dans tes vallées
sur tes flancs les chevaux endormis ne voient pas ceux
qui montent
ton cimetière au bord d’une vieille église

J’arrive (Cécile Coulon)

Tout se tait autour de moi.
La pluie tombe en silence,
les chiens ont cessé d’aboyer,
ils dorment dans leurs pattes sur les marches du perron.