Le poème de la quinzaine / mai 2022

Le moderne :

Ile Eniger, D’une île, l’autre

J’échappe. Je ne suis à personne. Fugitive dans ma maison. J’écris la terre, mon nom en bas.
Rails, histoires truquées, petites attitudes, petites certitudes, pauvres engagements, gestes étriqués, mensonges hideux, je laisse.
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L’ancien :

Estienne Jodelle, Comme un qui s’est perdu

Comme un qui s’est perdu dans la forest profonde
Loing de chemin, d’oree et d’adresse, et de gens :
Comme un qui en la mer grosse d’horribles vens,
Se voit presque engloutir des grans vagues de l’onde
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La trouvaille :

Ary Renan, Vers l’idéal

Voici l’hiver sur nous, et la mer qui se fane
A perdu sa couleur comme un beau champ de lin,
La tourmente a voilé le miroir opalin
Des golfes, et terni leur émail diaphane.
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Le poème de la quinzaine / février 2022

Le moderne :

Jean-Claude Villain, Treize stations

Tu tends vers la cime de ton arbre. On t’a scié les branches. Tu n’es plus que l’échalas de toi tendu vers le ciel. Tes pousses elles-mêmes coupées. Lit de fertile pourriture.
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L’ancien :

Alfred de Musset, Lucie

Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J’aime son feuillage éploré ;
La pâleur m’en est douce et chère,
Et son ombre sera légère
À la terre où je dormirai
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La trouvaille :

Marie de Régnier, Petite morte

Sur ton sein ténébreux, enfant triste endormie,
Ô Terre ! je repose, et serre entre mes bras
La poupée aux yeux peints qui fut ma seule amie
Et qui sait mes secrets, qu’elle ne dira pas.
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Le poème de la quinzaine / janvier 2022

Le moderne :

Quentin Baffreau, Nuit

Fenêtre de la nuit d’où naissent les montagnes.
Le chêne dévoile en même temps le grimpereau sur le tronc et la rosace qui conquiert la couleur sur le mur.
Le manège s’éteint. On n'entend plus qu'un sifflement d'enfant.
Devenir noir, les roches brunes, la dérobée de la terre dans l’oubli.
La nuit monte.
Source

L’ancien :

Marceline Desbordes-Valmore, Les roses de Saadi

J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.
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La trouvaille :

Rainer Maria Rilke, Quatrain Valaisan

Pays silencieux dont les prophètes se taisent,
pays qui prépare son vin ;
où les collines sentent encore la Genèse
et ne craignent pas la fin !
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