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Le poème de la quinzaine / octobre 2022

Le moderne :

Claude Cailleau, Retour au Port-Louis

Sur la digue le soir, des silhouettes tanguent comme autrefois dans mon souvenir. Le vent venu avec le flux lève l’odeur du goémon épaissi de ténèbres.
C’était dans les années soixante. Ils habitaient une petite maison blanche, tout au bout de la digue, face aux colères de l’hiver. Les soirs de tempête, les murs et les toits enveloppés d’embruns luisaient sinistrement ; et l’on aurait juré que, dans l’ombre fluide, la mer franchissait le rempart des maisons.
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L’ancien :

Louis Aragon, Elsa au miroir

C’était au beau milieu de notre tragédie
Et pendant un long jour assise à son miroir
Elle peignait ses cheveux d’or Je croyais voir
Ses patientes mains calmer un incendie
C’était au beau milieu de notre tragédie
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La trouvaille :

Lazare de Selve, Sur le passage du torrent de Cédron

Tandis que le torrent des passions mondaines
Emporte nos esprits dans la mer des malheurs,
Le Sauveur pour souffrir un torrent de douleurs
Traverse du torrent les ondes inhumaines.
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Le poème de la quinzaine / novembre 2021

Le moderne :

Claude Cailleau, Tombeau d’Alain Bosquet

La nuit tombe, le soir se fait tendre et murmure ;
la vitre accueille encore un reste de clarté ;
le jardin se referme, une cloche au loin tinte
et le monde s’endort, la conscience tranquille.
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L’ancien :

Saint-John Perse, Chanson

Mon cheval arrêté sous l'arbre plein de tourterelles, je siffle un sifflement si pur, qu'il n'est promesses à leurs rives que tiennent tous ces fleuves. Feuilles vivantes au matin sont à l'image de la gloire)...
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La trouvaille :

Hélène Vacaresco, Il passa

Il passa ! J'aurais dû sans doute
Ne point paraître en son chemin ;
Mais ma maison est sur sa route,
Et j'avais des fleurs dans la main.
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Le poème de la quinzaine / début juillet 2016

Le moderne :

Claude Cailleau, Petites proses 2

Tu parlais dans le soir, à l’heure où les cheminées veillent sur les bûches écroulées dans les cendres de la journée, le verre en main, la voix haute. Tu parlais pour un monde d’absents. Tous des ombres. Tous disparus.
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L’ancien :

Marc-Antoine de Saint-Amant, Plainte sur la mort de Sylvie

Ruisseau qui cours après toi-même
Et qui te fuis toi-même aussi,
Arrête un peu ton onde ici
Pour écouter mon deuil extrême.
Puis, quand tu l’auras su, va-t’en dire à la mer
Qu’elle n’a rien de plus amer.
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La trouvaille :

Nérée Beauchemin, La Glaneuse

Debout, le buste droit, la poitrine gonflée
Du souffle que dilate et rythme le travail,
Elle attend, tout de toile et de laine habillée,
Le départ pour les champs des gens et du bétail.
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Le poème de la quinzaine / fin mars 2014

Le moderne :

Claude Cailleau, D’Elle question…

Il y a de la pluie, toujours, dans les regards perdus. Des lointains, une voix qui appelle. C’est Elle. Je l’ai vue qui venait sur le revers trouble du jour.
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L'ancien :

Victor Hugo, ?

Une terre au flanc maigre, âpre, avare, inclément,
Où les vivants pensifs travaillent tristement,
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La trouvaille :

Marie Noël, Chant d’une nuit d’été

Le soir de la Saint-Jean,
À la minuit dorée,
Dans le bonheur des champs,
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Blues pour l’enfance perdue (Claude Cailleau)

La nuit a tout enseveli sur la route vidée de pas
Nul ne marche dans ma mémoire Pourquoi l’interroger encore

Je t’écris de la mer (Claude Cailleau)

Je t’écris de la mer. C’est au Port-Louis. Tu te rappelles ? … Le vent, la poussière des embruns, les galets encore chauds de nos mots lancés contre l’oubli.

Les chemins du rêve (Claude Cailleau)

Un jour, tu fus le Grand Meaulnes de ton village. En blouse de coutil et sabots de passage.

D’Elle question… (Claude Cailleau)

Narratif 1 (fragment)

Il y a de la pluie, toujours, dans les regards perdus. Des lointains, une voix qui appelle. C’est Elle. Je l’ai vue qui venait sur le revers trouble du jour. Elle. Qui venait, incertaine, qu’apaise un souvenir. Mais s’en va…