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Le poème de la quinzaine / juillet 2020

Le moderne :

Pierre Judide, Psaume 89

Voici le psaume montant des entrailles du temps,
le psaume des peuples en marche
et des éclatements.
Rouges noirs les jours de rage,
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L’ancien :

Victor Segalen, Éloge et pouvoir de l’absence

Je ne prétends point être là, ni survenir à l’improviste, ni paraître en habits et chair, ni gouverner par le poids visible de ma personne,
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La trouvaille :

Marie de Régnier, Poème funèbre

Lorsque vous m’étendrez au bûcher de santal,
Avant que je devienne une cendre légère
Éloignez de mes doigts l’obole de métal.
Je veux que ce qui fut ma grâce passagère
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Terreur (Marie de Régnier, née de Heredia)

Apportez-moi ce soir les plus sombres des roses,
Celles dont le parfum me rattache au plaisir ;
Ne me faites penser qu’à de terrestres choses ;
J’ai croisé les rideaux sur les fenêtres closes…
Le rêve ravisseur ne pourra me saisir.

Imprécise (Marie de Régnier, née de Heredia)

La nuit… la nuit… la nuit… tout est bleu, tout est vague.
Dis ? avons-nous vécu la tristesse et le jour ?
L’oubli… l’oubli… l’oubli… Jette dans l’eau tes bagues
Avec tous les adieux qui n’ont pas de retour.

Le retour (Marie de Régnier, née de Heredia)

Tu reviendras ce soir, portant des fleurs sauvages,
Par les chemins de l’ombre où les arbres sont bleus,
Et, voilant les reflets des fuyants paysages,
Tout le grand crépuscule assombrira tes yeux.