(Les « Icaques ») *
À l’ombre, au fond du bois, dans le sentier étroit,
En jupe bleue et corsage blanc, devant moi,
Tu t’en
allais pieds nus, leste et silencieuse ;
Ah ! que j’avais l’âme joyeuse !
LE POÈME DE LA QUINZAINE
Tous les 15 du mois, une sélection de grands poèmes pour (re)découvrir la poésie de langue française
(Les « Icaques ») *
À l’ombre, au fond du bois, dans le sentier étroit,
En jupe bleue et corsage blanc, devant moi,
Tu t’en
allais pieds nus, leste et silencieuse ;
Ah ! que j’avais l’âme joyeuse !
Eh bien ! non, cependant, il faut vivre, alors même
Que
le courage est mort et l’espérance à bout,
Vivre
et s’évertuer, vivre en dépit de tout,
Et
porter l’endurance à la limite extrême.
Il est des jours d’angoisse et de tristesse amère,
Où l’on se coucherait volontiers pour mourir ;
Où
l’esprit, atterré de l’humaine misère,
Voudrait dans le néant pour toujours s’endormir.