Le poème de la quinzaine / mai 2019

Le moderne :

Anne Fontaine, Pour des millions d’années

Ce rivage, que je l’explore ! Une île. De baie en baie, j’en fais le tour. Des anses profondes, des estuaires, des deltas pleins de limon. Et tout de suite, les tamaris couleur de coucher de soleil.
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L’ancien :

Émile Verhaeren, Les Promeneuses

Au long de promenoirs qui s’ouvrent sur la nuit
- Balcons de fleurs, rampes de flammes -
Des femmes en deuil de leur âme
Entrecroisent leurs pas sans bruit.
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La trouvaille :

Jacques de Vallée des Barreaux, Courtisans

Courtisans, qui traînez vos jours déshonorés,
Que l’avarice attache à un vil esclavage,
Qui possédant beaucoup pour avoir davantage,
Pendez chez la Fortune à des liens dorés.
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Le poème de la quinzaine / mars 2019

Le moderne :

Frédéric Tison, Paysage

Un paysage s’ouvre et chante, j’entends
Que tu souffles, que tu passes sans fin.
Je reviens, les mains pleines
D’écumes et de lointains
Soleils lavés dans les sables,
Je reviens, les joues vives,
Les tempes glacées sous de grands vents,
De hautes vagues, au sein
De royaumes semés d’oiseaux,
Ceux qui désertent mes mains.
D’un paysage tu montes… J’entends que tu passes
(Mais qui es-tu ?) sur mes fuyants chemins.

Source

L’ancien :

Charles d’Orléans, Je meurs de soif

Je meurs de soif, en côté la fontaine ;
Tremblant de froid, au feu des amoureux ;
Aveugle suis, et si les autres mène ;
Pauvre de sens, entre sachants l’un d’eux
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La trouvaille :

Aloysius Bertrand, La pluie

Et pendant que ruisselle la pluie, les petits charbonniers de la Forêt Noire entendent, de leur lit de fougère parfumée, hurler au dehors la bise comme un loup.
Ils plaignent la biche fugitive que relancent les fanfares de l’orage
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Le poème de la quinzaine / février 2019

Le moderne :

Roselyne Sibille, Au milieu des secrets de novembre

Je marche au milieu des secrets de novembre

Il n’y a plus de fruits sauvages
Les corbeaux croassent dans le ciel vide

Que devient la lumière quand elle disparaît ?

Source

L’ancien :

Clément Marot, De soi-même

Plus ne suis ce que j’ai été,
Et ne le saurais jamais être ;
Mon beau printemps et mon été
Ont fait le saut par la fenêtre.
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La trouvaille :

Georges Rodenbach, Douceur

Douceur du soir ! Douceur de la chambre sans lampe !
Le crépuscule est doux comme une bonne mort
Et l’ombre lentement qui s’insinue et rampe
Se déroule en fumée au plafond. Tout s’endort.
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