Le poème de la quinzaine / octobre 2019

Le moderne :

Marion Richard, Un écho dans la montagne

Un écho dans la montagne
dans le creux de la montagne
augmente
qui seul sait d’où il vient.
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L’ancien :

Saint-John Perse, Pour fêter une enfance

Palmes... !
Alors on te baignait dans l’eau-de-feuilles-vertes ; et l’eau encore était du soleil vert ; et les servantes de ta mère, grandes filles luisantes, remuaient leurs jambes chaudes près de toi qui tremblais...
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La trouvaille :

Cécile Périn, Aube

Un invisible oiseau dans l’air pur a chanté.
Le ciel d’aube est d’un bleu suave et velouté.
C’est le premier oiseau qui s’éveille et qui chante.
Écoute ! Les jardins sont frémissants d’attente.
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Le poème de la quinzaine / septembre 2019

Le moderne :

François Cheng, La vraie gloire est ici

La vraie gloire est ici,
Nous passons à côté.
Quelques jades croqués,
Et maints lotus mâchés
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L’ancien :

Louis Aragon, Il n’y a pas d’amour heureux

Rien n’est jamais acquis à l’homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son cœur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
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La trouvaille :

Odilon-Jean Périer, Ton visage

Ton visage est le mot de la nuit étoilée
Un ciel obscur s’ouvre lentement dans tes bras
Où le plaisir plus vain que la flamme argentée
Comme un astre brisé brille et tremble tout bas
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Le poème de la quinzaine / août 2019

Le moderne :

Michel Baglin, L’alcool des vents

Au seuil de l’enfance, j’hésite à rendre grâce.
Tant de jeux brûlent les heures, de héros peuplent l’espace,
tant de légendes déguisent le silence
qu’on croirait que vivre n’est que perdre haleine.
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L’ancien :

Lautréamont, Les chants de Maldoror, I

On ne me verra pas, à mon heure dernière (j’écris ceci sur mon lit de mort), entouré de prêtres. Je veux mourir, bercé par la vague de la mer tempétueuse, ou debout sur la montagne... les yeux en haut, non : je sais que mon anéantissement sera complet.
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La trouvaille :

Robert Brasillach, Le jugement des juges

Ceux qu’on enferme dans le froid, sous les serrures solennelles,
Ceux qu’on a de bure vêtus, ceux qui s’accrochent aux barreaux,
Ceux qu’on jette la chaîne aux pieds dans les cachots sans soupiraux,
Ceux qui partent les mains liées, refusés à l’aube nouvelle,
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Le poème de la quinzaine / juillet 2019

Le moderne :

Roselyne Sibille, Je pose ma main…

Je pose ma main sur la lumière de l’aurore
pour caresser le jour
Les couleurs sont encore assoupies
mais les arbres bavardent dans les souffles du vent
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L’ancien :

Jacques Prévert, Barbara

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
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La trouvaille :

Albert Lozeau, L’âme solitaire

J’attends. Le vent gémit. Le soir vient. L’heure sonne.
Mon cœur impatient s’émeut. Rien ni personne.
J’attends, les yeux fermés pour ne pas voir le temps
Passer en déployant les ténèbres. J’attends.
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Le poème de la quinzaine / juin 2019

Le moderne :

Déborah Heissler, Akasu

C’est un adieu
dans le ciel
ce sont des fleurs, des lambeaux de feu, tandis que le lointain devient plus rose, plus doré, plus lumineux. Je rapporte des fruits sauvages. Maintenant, c’est la douceur qui reprend, tandis que l’écho présent est celui des larmes.
Combien de jours à présent, sur les branches nues avant la fleur et le fruit ?
Source

L’ancien :

Maurice Scève, Délie CXLIV

En toi je vis, où que tu sois absente ;
En moi je meurs, où que soye présent.
Tant loin sois-tu, toujours tu es présente ;
Pour près que soie, encore suis-je absent.
Et si nature outragée se sent
De me voir vivre en toi trop plus qu’en moi,
Le haut pouvoir qui, œuvrant sans émoi,
Infuse l’âme en ce mien corps passible,
La prévoyant sans son essence en soi,
En toi l’étend comme en son plus possible.

La trouvaille :

Louis Le Cardonnel, Ville morte

Lentement, sourdement, des vêpres sonnent
Dans la grand’paix de cette vague ville ;
Des arbres gris sur la place frissonnent,
Comme inquiets de ces vêpres qui sonnent.
Inquiétante est cette heure tranquille.
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Le poème de la quinzaine / mai 2019

Le moderne :

Anne Fontaine, Pour des millions d’années

Ce rivage, que je l’explore ! Une île. De baie en baie, j’en fais le tour. Des anses profondes, des estuaires, des deltas pleins de limon. Et tout de suite, les tamaris couleur de coucher de soleil.
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L’ancien :

Émile Verhaeren, Les Promeneuses

Au long de promenoirs qui s’ouvrent sur la nuit
- Balcons de fleurs, rampes de flammes -
Des femmes en deuil de leur âme
Entrecroisent leurs pas sans bruit.
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La trouvaille :

Jacques de Vallée des Barreaux, Courtisans

Courtisans, qui traînez vos jours déshonorés,
Que l’avarice attache à un vil esclavage,
Qui possédant beaucoup pour avoir davantage,
Pendez chez la Fortune à des liens dorés.
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Le poème de la quinzaine / mars 2019

Le moderne :

Frédéric Tison, Paysage

Un paysage s’ouvre et chante, j’entends
Que tu souffles, que tu passes sans fin.
Je reviens, les mains pleines
D’écumes et de lointains
Soleils lavés dans les sables,
Je reviens, les joues vives,
Les tempes glacées sous de grands vents,
De hautes vagues, au sein
De royaumes semés d’oiseaux,
Ceux qui désertent mes mains.
D’un paysage tu montes… J’entends que tu passes
(Mais qui es-tu ?) sur mes fuyants chemins.

Source

L’ancien :

Charles d’Orléans, Je meurs de soif

Je meurs de soif, en côté la fontaine ;
Tremblant de froid, au feu des amoureux ;
Aveugle suis, et si les autres mène ;
Pauvre de sens, entre sachants l’un d’eux
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La trouvaille :

Aloysius Bertrand, La pluie

Et pendant que ruisselle la pluie, les petits charbonniers de la Forêt Noire entendent, de leur lit de fougère parfumée, hurler au dehors la bise comme un loup.
Ils plaignent la biche fugitive que relancent les fanfares de l’orage
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Le poème de la quinzaine / février 2019

Le moderne :

Roselyne Sibille, Au milieu des secrets de novembre

Je marche au milieu des secrets de novembre

Il n’y a plus de fruits sauvages
Les corbeaux croassent dans le ciel vide

Que devient la lumière quand elle disparaît ?

Source

L’ancien :

Clément Marot, De soi-même

Plus ne suis ce que j’ai été,
Et ne le saurais jamais être ;
Mon beau printemps et mon été
Ont fait le saut par la fenêtre.
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La trouvaille :

Georges Rodenbach, Douceur

Douceur du soir ! Douceur de la chambre sans lampe !
Le crépuscule est doux comme une bonne mort
Et l’ombre lentement qui s’insinue et rampe
Se déroule en fumée au plafond. Tout s’endort.
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