Le poème de la quinzaine / novembre 2019

Le moderne :

Lorand Gaspar, Le blé des corps

le blé des corps dans la meule des ans
farines que mélangent les lois éternelles
pour d’autres pains et d’autres dents
la nuit tu tâtes soudain sans comprendre
lire la suite du poème...

L’ancien :

Victor Segalen, Éloge à la jeune fille

Magistrats ! dévouez aux épouses vos arcs triomphaux. Enjambez les routes avec la louange des veuves obstinées. Usez du ciment, du faux marbre et de la boue séchée pour dresser les mérites de ces dames respectables, — c’est votre emploi.
lire la suite du poème...

La trouvaille :

Cécile Sauvage, Femme pensive

Femme pensive, nue et qui flottes sur l’eau
Entre les pâles lys et les grêles bouleaux,
Les deux bras repliés, les jambes allongées
Et toute ta beauté vaguement émergée
lire la suite du poème...

Le poème de la quinzaine / octobre 2019

Le moderne :

Marion Richard, Un écho dans la montagne

Un écho dans la montagne
dans le creux de la montagne
augmente
qui seul sait d’où il vient.
lire la suite du poème...

L’ancien :

Saint-John Perse, Pour fêter une enfance

Palmes... !
Alors on te baignait dans l’eau-de-feuilles-vertes ; et l’eau encore était du soleil vert ; et les servantes de ta mère, grandes filles luisantes, remuaient leurs jambes chaudes près de toi qui tremblais...
lire la suite du poème...

La trouvaille :

Cécile Périn, Aube

Un invisible oiseau dans l’air pur a chanté.
Le ciel d’aube est d’un bleu suave et velouté.
C’est le premier oiseau qui s’éveille et qui chante.
Écoute ! Les jardins sont frémissants d’attente.
lire la suite du poème...

Le poème de la quinzaine / septembre 2019

Le moderne :

François Cheng, La vraie gloire est ici

La vraie gloire est ici,
Nous passons à côté.
Quelques jades croqués,
Et maints lotus mâchés
lire la suite du poème...

L’ancien :

Louis Aragon, Il n’y a pas d’amour heureux

Rien n’est jamais acquis à l’homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son cœur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
lire la suite du poème...

La trouvaille :

Odilon-Jean Périer, Ton visage

Ton visage est le mot de la nuit étoilée
Un ciel obscur s’ouvre lentement dans tes bras
Où le plaisir plus vain que la flamme argentée
Comme un astre brisé brille et tremble tout bas
lire la suite du poème...

Le poème de la quinzaine / août 2019

Le moderne :

Michel Baglin, L’alcool des vents

Au seuil de l’enfance, j’hésite à rendre grâce.
Tant de jeux brûlent les heures, de héros peuplent l’espace,
tant de légendes déguisent le silence
qu’on croirait que vivre n’est que perdre haleine.
lire la suite du poème...

L’ancien :

Lautréamont, Les chants de Maldoror, I

On ne me verra pas, à mon heure dernière (j’écris ceci sur mon lit de mort), entouré de prêtres. Je veux mourir, bercé par la vague de la mer tempétueuse, ou debout sur la montagne... les yeux en haut, non : je sais que mon anéantissement sera complet.
lire la suite du poème...

La trouvaille :

Robert Brasillach, Le jugement des juges

Ceux qu’on enferme dans le froid, sous les serrures solennelles,
Ceux qu’on a de bure vêtus, ceux qui s’accrochent aux barreaux,
Ceux qu’on jette la chaîne aux pieds dans les cachots sans soupiraux,
Ceux qui partent les mains liées, refusés à l’aube nouvelle,
lire la suite du poème...

Le poème de la quinzaine / juillet 2019

Le moderne :

Roselyne Sibille, Je pose ma main…

Je pose ma main sur la lumière de l’aurore
pour caresser le jour
Les couleurs sont encore assoupies
mais les arbres bavardent dans les souffles du vent
lire la suite du poème...

L’ancien :

Jacques Prévert, Barbara

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
lire la suite du poème...

La trouvaille :

Albert Lozeau, L’âme solitaire

J’attends. Le vent gémit. Le soir vient. L’heure sonne.
Mon cœur impatient s’émeut. Rien ni personne.
J’attends, les yeux fermés pour ne pas voir le temps
Passer en déployant les ténèbres. J’attends.
lire la suite du poème...

Le poème de la quinzaine / juin 2019

Le moderne :

Déborah Heissler, Akasu

C’est un adieu
dans le ciel
ce sont des fleurs, des lambeaux de feu, tandis que le lointain devient plus rose, plus doré, plus lumineux. Je rapporte des fruits sauvages. Maintenant, c’est la douceur qui reprend, tandis que l’écho présent est celui des larmes.
Combien de jours à présent, sur les branches nues avant la fleur et le fruit ?
Source

L’ancien :

Maurice Scève, Délie CXLIV

En toi je vis, où que tu sois absente ;
En moi je meurs, où que soye présent.
Tant loin sois-tu, toujours tu es présente ;
Pour près que soie, encore suis-je absent.
Et si nature outragée se sent
De me voir vivre en toi trop plus qu’en moi,
Le haut pouvoir qui, œuvrant sans émoi,
Infuse l’âme en ce mien corps passible,
La prévoyant sans son essence en soi,
En toi l’étend comme en son plus possible.

La trouvaille :

Louis Le Cardonnel, Ville morte

Lentement, sourdement, des vêpres sonnent
Dans la grand’paix de cette vague ville ;
Des arbres gris sur la place frissonnent,
Comme inquiets de ces vêpres qui sonnent.
Inquiétante est cette heure tranquille.
lire la suite du poème...

Le poème de la quinzaine / mai 2019

Le moderne :

Anne Fontaine, Pour des millions d’années

Ce rivage, que je l’explore ! Une île. De baie en baie, j’en fais le tour. Des anses profondes, des estuaires, des deltas pleins de limon. Et tout de suite, les tamaris couleur de coucher de soleil.
lire la suite du poème...

L’ancien :

Émile Verhaeren, Les Promeneuses

Au long de promenoirs qui s’ouvrent sur la nuit
- Balcons de fleurs, rampes de flammes -
Des femmes en deuil de leur âme
Entrecroisent leurs pas sans bruit.
lire la suite du poème...

La trouvaille :

Jacques de Vallée des Barreaux, Courtisans

Courtisans, qui traînez vos jours déshonorés,
Que l’avarice attache à un vil esclavage,
Qui possédant beaucoup pour avoir davantage,
Pendez chez la Fortune à des liens dorés.
lire la suite du poème...