Le poème de la quinzaine / février 2020

Le moderne :

Pierre Oster, La terre

La terre, les rochers... Les rochers, les maisons, la nuit même,
La nuit, la plaine et la mer fondent un savoir proche des murs.
Puis, là-bas, le soleil masque sa solitude avec la nudité des choses,
Brise le ciel des flaques, échafaude un bûcher sur un lac.
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L’ancien :

Maurice de Guérin, Glaucus

Non, ce n’est plus assez de la roche lointaine
Où mes jours, consumés à contempler les mers,
Ont nourri dans mon sein un amour qui m’entraîne
À suivre aveuglément l’attrait des flots amers.
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La trouvaille :

Valentine de Saint-Point, Triptyque de ma mort

Lorsque j’aurai cessé d’interroger en vain, —
Toujours, l’impénétrable et sinistre mystère,
Du chaos au néant, de la graine au levain,
Des hommes et des dieux, du soleil, de la terre
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Le poème de la quinzaine / janvier 2020

Le moderne :

Mérédith Le Dez, Jardin d’hiver

Long novembre étendu sur nos terres d’asile : soleil en feu, azulejo du ciel, splendeur des pâtures au-delà du verger.
Sécheresse d’automne ne s’inclina jamais si tard...
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L’ancien :

Jules Supervielle, Les amis inconnus

Il vous naît un poisson qui se met à tourner
Tout de suite au plus noir d’une lampe profonde,
Il vous naît une étoile au-dessus de la tête,
Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux
Que ses sœurs de la nuit les étoiles muettes.
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La trouvaille :

Adolphe Retté, Sillage

Mes barques s’en vont, s’en vont sur la mer ―
Ô Notre-Dame de désespérances,
mère en sanglots, et l’âpre joie d’avoir tari tes maigres seins !
dresse-toi, dresse-toi sur les flots assassins
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Le poème de la quinzaine / décembre 2019

Le moderne :

Claude-Henri Rocquet, L’étoile des rois

L’un suit l’étoile comme une lanterne
Buvant des yeux la flamme et le mystère
L’autre penché sur le miroir des eaux
Va son chemin de fontaine en fontaine
Toi comme en songe et les yeux clos tu vois
Luire au miroir de ta nuit personnelle
L’étoile angélique et gardienne

L’auberge des vagues, 1886

L’ancien :

Anna de Noailles, De quoi t’ai-je frustré...

De quoi t’ai-je, en ce jour, frustré, cœur endormi ?
Du vivre, du souffrir, des regrets, de l’espoir ?
Du sourd discernement d’être enclos à demi
Dans la brume insoluble et croissante du soir ?
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La trouvaille :

Francis Jammes, L’âne était petit

L’âne était petit et plein de pluie et tirait
la charrette qui avait passé la forêt.
La femme, sa petite fille, et le pauvre âne
faisaient leur devoir doux, puisque dans le village
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Le poème de la quinzaine / novembre 2019

Le moderne :

Lorand Gaspar, Le blé des corps

le blé des corps dans la meule des ans
farines que mélangent les lois éternelles
pour d’autres pains et d’autres dents
la nuit tu tâtes soudain sans comprendre
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L’ancien :

Victor Segalen, Éloge à la jeune fille

Magistrats ! dévouez aux épouses vos arcs triomphaux. Enjambez les routes avec la louange des veuves obstinées. Usez du ciment, du faux marbre et de la boue séchée pour dresser les mérites de ces dames respectables, — c’est votre emploi.
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La trouvaille :

Cécile Sauvage, Femme pensive

Femme pensive, nue et qui flottes sur l’eau
Entre les pâles lys et les grêles bouleaux,
Les deux bras repliés, les jambes allongées
Et toute ta beauté vaguement émergée
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Le poème de la quinzaine / octobre 2019

Le moderne :

Marion Richard, Un écho dans la montagne

Un écho dans la montagne
dans le creux de la montagne
augmente
qui seul sait d’où il vient.
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L’ancien :

Saint-John Perse, Pour fêter une enfance

Palmes... !
Alors on te baignait dans l’eau-de-feuilles-vertes ; et l’eau encore était du soleil vert ; et les servantes de ta mère, grandes filles luisantes, remuaient leurs jambes chaudes près de toi qui tremblais...
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La trouvaille :

Cécile Périn, Aube

Un invisible oiseau dans l’air pur a chanté.
Le ciel d’aube est d’un bleu suave et velouté.
C’est le premier oiseau qui s’éveille et qui chante.
Écoute ! Les jardins sont frémissants d’attente.
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Le poème de la quinzaine / septembre 2019

Le moderne :

François Cheng, La vraie gloire est ici

La vraie gloire est ici,
Nous passons à côté.
Quelques jades croqués,
Et maints lotus mâchés
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L’ancien :

Louis Aragon, Il n’y a pas d’amour heureux

Rien n’est jamais acquis à l’homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son cœur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
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La trouvaille :

Odilon-Jean Périer, Ton visage

Ton visage est le mot de la nuit étoilée
Un ciel obscur s’ouvre lentement dans tes bras
Où le plaisir plus vain que la flamme argentée
Comme un astre brisé brille et tremble tout bas
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Le poème de la quinzaine / août 2019

Le moderne :

Michel Baglin, L’alcool des vents

Au seuil de l’enfance, j’hésite à rendre grâce.
Tant de jeux brûlent les heures, de héros peuplent l’espace,
tant de légendes déguisent le silence
qu’on croirait que vivre n’est que perdre haleine.
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L’ancien :

Lautréamont, Les chants de Maldoror, I

On ne me verra pas, à mon heure dernière (j’écris ceci sur mon lit de mort), entouré de prêtres. Je veux mourir, bercé par la vague de la mer tempétueuse, ou debout sur la montagne... les yeux en haut, non : je sais que mon anéantissement sera complet.
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La trouvaille :

Robert Brasillach, Le jugement des juges

Ceux qu’on enferme dans le froid, sous les serrures solennelles,
Ceux qu’on a de bure vêtus, ceux qui s’accrochent aux barreaux,
Ceux qu’on jette la chaîne aux pieds dans les cachots sans soupiraux,
Ceux qui partent les mains liées, refusés à l’aube nouvelle,
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