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Le poème de la quinzaine / août 2020

Le moderne :

Charles Le Quintrec, Qu’amour vienne

Qu’amour vienne et me parle
Un arbre nu navigue
Il n’est d’autre musique
Qui ne sorte d’un saule
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L’ancien :

Arthur Rimbaud, Ophélie

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
– On entend dans les bois lointains des hallalis.
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La trouvaille :

Élisa Mercœur, Vivre sa vie

Ne jamais redouter le temps qui nous entraîne,
Attendre sans effroi son rappel vers les cieux,
Chaque jour détacher un anneau de sa chaîne,
Mourir sans exhaler des regrets pour adieux ;
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Mère de tout espoir (Charles Le Quintrec)

Mère de tout espoir et de toute espérance
     Mère de l’orphelin
Mère plus jeune que l’amour et que l’enfance
     Plus douce que le pain

Prairies (Charles Le Quintrec)

Le cœur n’est pas assez large pour le futur
Le mien battait dans la lumière des prairies
Je partageais mon âme en des milliers d’hosties
Un chiffon de soleil pendait à ma ceinture.

Un cheval roux… (Charles Le Quintrec)

Un cheval roux pour compagnon d’escorte
Le vieux bilan de mes jeunes années
Mes cahiers verts, mes oiseaux dans les rouvres
Ma fronde en mains, mes bateaux de papier

Danses et chants pour Elisane (Charles Le Quintrec)

1

Belle comme les blés
Qu’on voit à travers branches
Elisane était nue

Vieux pays (Charles Le Quintrec)

Il me souvient d’un vieux pays d’herbe et de brume
On y mène parfois les âmes. Le silence
Y règne dans le vent qui rameute la mer
C’est là-bas… Quelle baie pour y plonger le ciel
N’y poussent bien que les astres de longue errance.