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Le poème de la quinzaine / février 2023

Le moderne :

Thierry Mathiasin, Ces rivières dans la tête

Ces rivières dans la tête qui ne s’assèchent jamais avec ce goût de boue sur les lèvres,
le sable vaseux des yeux, les veines enchevêtrées dans une matrice éventrée obstruant la gorge quand des poches de cris étouffés hantent son lit, déposant des pierres insouciantes sur la berge des vies dévastées
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L’ancien :

Marie Noël, Stabat Mater dolorosa

L'heure m'éveille. Il est minuit...
Mon Dieu, peut-être cette nuit,
Mon fils à cette heure est mort.
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La trouvaille :

Alain Grandbois, Ces murs protecteurs

Ces murs protecteurs
et ce plafond fraternel
et ces trous d’ombre et cette grande ombre
et ce plancher de fer
et moi sous mes seuls cheveux
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Le poème de la quinzaine / fin juin 2017

Le moderne :

Charles Le Quintrec, Vieux pays

Il me souvient d’un vieux pays d’herbe et de brume
On y mène parfois les âmes. Le silence
Y règne dans le vent qui rameute la mer
C’est là-bas… Quelle baie pour y plonger le ciel
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L’ancien :

Marie Noël, Quel Père ai-je, ô mon Père ? Toi !

Père, c'est vrai. Souvent la nuit,
Quand je ne sais plus où je suis,
Plus où tu es, à la male heure
De l'abîme, je vague, pleure
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La trouvaille :

Rémy Belleau, Affranchi de prison

Or je me suis affranchi de prison,
Où me tenait cruellement en ferre
L’enfant Amour, je vais libre sur terre
Sauvé des flots, et repris ma raison
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Le poème de la quinzaine / début février 2016

Le moderne :

Lorand Gaspar, Reprise d'un cantique profane sur le thème de l'exil et de l'étranger

Non pas en exil.
Non pas étranger.
Solidaire des hommes et des bêtes
Solidaire des eaux, de la boue,
de la roche et des champs des forêts et forêts de constellations.
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L’ancien :

Marie Noël, À Vêpres

Le jour s'apaise. Allons cheminer, ô mon âme,
Exilés dans l'oubli de ce monde, tout seuls,
Sur la terrasse haute où quelque vieille femme
Cueille des fleurs aux branches calmes des tilleuls.
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La trouvaille :

Georges Rodenbach, Du silence (VII)

La chambre avait un air mortuaire et fermé
Dans cette hôtellerie, en une ville morte,
Où nous avons vécu, ce divin soir de mai !
Silencieusement se referma la porte
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Le poème de la quinzaine / fin mars 2014

Le moderne :

Claude Cailleau, D’Elle question…

Il y a de la pluie, toujours, dans les regards perdus. Des lointains, une voix qui appelle. C’est Elle. Je l’ai vue qui venait sur le revers trouble du jour.
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L'ancien :

Victor Hugo, ?

Une terre au flanc maigre, âpre, avare, inclément,
Où les vivants pensifs travaillent tristement,
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La trouvaille :

Marie Noël, Chant d’une nuit d’été

Le soir de la Saint-Jean,
À la minuit dorée,
Dans le bonheur des champs,
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Le Prêtre. Les angoisses (Marie Noël)

Pourquoi m’avez-vous mis, ô mon Dieu
En contradiction avec vous ?

JOB

Souvenez-vous de ma douleur
En même temps que de ma révolte.

JÉRÉMIE

Êtes-vous là, mon Dieu ? Moi, votre pauvre prêtre
Qu’un jour hors du bonheur votre voix appela,
Me voici comme alors devant Vous, ô mon Maître.
Mais Vous que j’ai suivi, Seigneur, êtes-vous là ?

Captive (Marie Noël)

Il était une fois une joyeuse enfant
Dans mon pays. Son âme en elle était plus gaie
Que l’oisillon des champs sautillant sur la haie,
           Plus vive que le vent.

Chant de la merci (Marie Noël)

« Ils entreprirent d’instituer un Ordre pour Rédemption des Captifs... se livrant soi-même plus d’une fois pour la délivrance d’un grand nombre. »
(OFFICE DE NOTRE-DAME DE LA MERCI.)

À tous ceux-là qui très loin sont captifs
Dans le silence ; aux âmes enchaînées

Hurlement (Marie Noël)

À la mémoire de maman
et de mon petit frère Eugène.


Le jour s’en va. Sur la montagne,
L’ombre grandit.