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Le poème de la quinzaine / août 2022

Le moderne :

Jean Pérol, Comme est loin la montagne

Comme est loin la montagne où tu fus de ce monde
comme est loin l’incendie le satin des grands lacs
le corps en est déjà frappé et perd son peu de force
d’être déjà si loin de ce qui fut si neuf
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L’ancien :

Joachim du Bellay, Le marinier

Comme le marinier, que le cruel orage
A longtemps agité dessus la haute mer,
Ayant finalement à force de ramer
Garanti son vaisseau du danger du naufrage
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La trouvaille :

Hélène Picard, La Vie

Je crus à la fierté d’un certain déshonneur,
Aux ferveurs de vermouth, aux rêves des lanternes
À ce rouge as d’amour, à ce riche as de cœur
Beau comme l’incendie, l’échafaud, les casernes…
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Le poème de la quinzaine / début octobre 2017

Le moderne :

Stève-Wilifrid Mounguengui, C’est de mourir sans toi

Ni la nuit
Ni l’attente n’avaient été longues
C’est de t’aimer sans mot
Plus que toutes les fleurs
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L’ancien :

Nicolas Boileau, Satire X (Du mariage)

Enfin, bornant le cours de tes galanteries,
Alcippe, il est donc vrai, dans peu tu te maries.
Sur l’argent, c’est tout dire, on est déjà d’accord.
Ton beau père futur vide son coffre-fort
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La trouvaille :

Hélène Picard, Lâcheté

Ah ! pouvoir, lâchement, montrer toute sa peine,
Pouvoir montrer sa misérable tare humaine,
Son péché, son malheur avec les bras ouverts,
Tout ce qui fait de l’ombre au fond des yeux amers...
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À une religieuse (Hélène Picard)

Dans l’ombre du parloir, vieille petite sœur,
Je regardais vos yeux à la froide douceur,
Et vos blancs cheveux saints, et votre laideur sainte,
Et votre tempe étroite et si chastement ceinte,
Et votre croix de buis où mourait le Seigneur...

Hymne au bien-aimé (Hélène Picard)

Ô jeune corps de joie où la splendeur circule,
Je te glorifierai dans la vague du blé,
Dans les grands horizons, lorsque le crépuscule
Ouvre une route bleue au silence étoilé.

L’approche (Hélène Picard)

Comme ce fut terrible, indicible, soudain,
Ce fut un incendie, un vertige, une crue,
Le destin qui montait, du vent dans un jardin,
Une longue clameur ainsi que dans la rue.

J’aime... (Hélène Picard)

J’aime... C’en est assez pour vous connaître, ô villes,
            Avec vos cris et vos couchants,
Pour vous connaître, amère et tiède odeur des îles,
            Austère bonne odeur des champs.

Mélancolie printanière (Hélène Picard)

Le soir sent la pluie et le mois de Mai,
Les fenêtres sont, autour de moi, closes.
Je n’ai pas d’espoir, pas d’or, pas de roses,
            Pas de Bien-aimé.

Extase (Hélène Picard)

Le jardin est, ce soir, si mystique, si beau...
Le feuillage est penché sous le souffle de l’eau,
Le puits est débordant d’astres et de mystère,
La neige des sureaux ensevelit la terre,