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Le poème de la quinzaine / janvier 2020

Le moderne :

Mérédith Le Dez, Jardin d’hiver

Long novembre étendu sur nos terres d’asile : soleil en feu, azulejo du ciel, splendeur des pâtures au-delà du verger.
Sécheresse d’automne ne s’inclina jamais si tard...
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L’ancien :

Jules Supervielle, Les amis inconnus

Il vous naît un poisson qui se met à tourner
Tout de suite au plus noir d’une lampe profonde,
Il vous naît une étoile au-dessus de la tête,
Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux
Que ses sœurs de la nuit les étoiles muettes.
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La trouvaille :

Adolphe Retté, Sillage

Mes barques s’en vont, s’en vont sur la mer ―
Ô Notre-Dame de désespérances,
mère en sanglots, et l’âpre joie d’avoir tari tes maigres seins !
dresse-toi, dresse-toi sur les flots assassins
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Le poème de la quinzaine / début avril 2017

Le moderne :

Monique Laederach, La jeune fille

Mais la jeune fille se bouche les oreilles,
elle crie :
Si je ne parle pas, il ne peut rien m’arriver !
Il suffit que je garde la voix dedans
tout entière exactement à la place où
je l’ai entendue,
intime comme elle était.
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L’ancien :

Jules Supervielle, Vivante ou morte

Vivante ou morte, ô toi qui me connais si bien,
Laisse-moi t'approcher à la façon des hommes
Il fait nuit dans la pièce où tremble un oreiller
Comme un voilier qui sent venir la haute mer
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La trouvaille :

Félix Arvers, Un secret

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.
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Le poème de la quinzaine / début mai 2015

Le moderne :

Jean Joubert, Asseyez-vous, peuple de loups

Asseyez-vous, peuple de loups, sur les frontières
et négociez la paix des roses, des ruisseaux,
l’aurore partagée.
Que les larmes, les armes s’égarent dans la rouille et la poussière.
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L'ancien :

Jules Supervielle, Vivre encore

Ce qu’il faut de nuit
Au-dessus des arbres,
Ce qu’il faut de fruits
Aux tables de marbre,
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La trouvaille :

Charles Guérin, Ce soir, mon Dieu...

Ce soir, mon Dieu, je viens pleurer, je viens prier
Et rompre sur ta croix les reins d’un ouvrier
Dont le labeur stérile a négligé ta gloire.
La nuit du monde autour de ton église est noire ;
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Dans cette grande maison que personne ne connaît... (Jules Supervielle)

Dans cette grande maison que personne ne connaît
Avec sa façade, ses murs qui restent à mi-chemin
Entre les pierres et l’homme,