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Le poème de la quinzaine / mars 2020

Le moderne :

Tristan Cabral, Des petits hommes

des pluies de petits hommes ont envahi les rues
des hommes de proie ont envahi les plages
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L’ancien :

Jean de Meung, Éloge de la pauvreté

Non, richesse ne rend pas riche
Celui qui la place en trésors.
Car seul le contentement
Fait vivre l’homme richement.
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La trouvaille :

Léon Dierx, Au jardin

Le soir fait palpiter plus mollement les plantes
Autour d’un groupe assis de femmes indolentes
Dont les robes, ainsi que d’amples floraisons,
D’une blanche harmonie argentent les gazons.
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Le poème de la quinzaine / fin septembre 2016

Le moderne :

Tristan Cabral, Le Passeur de silence

les jours tombèrent
et les yeux traversés de tant d’éclats de mer
j’ai dressé vers le ciel mes mains ensanglantées
et puis j’ai mis le feu à toutes les fontaines
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L’ancien :

Gérard de Nerval, Myrtho

Je pense à toi, Myrtho, divine enchanteresse,
Au Pausilippe altier, de mille feux brillant,
À ton front inondé des clartés d’Orient,
Aux raisins noirs mêlés avec l’or de ta tresse.
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La trouvaille :

Adélaïde Dufrénoy, Le Besoin d’aimer

Pourquoi depuis un temps, inquiète et rêveuse,
Suis-je triste au sein des plaisirs ?
Quand tout sourit à mes désirs,
Pourquoi ne suis-je pas heureuse ?
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Le poème de la quinzaine / début mars 2015

Le moderne :

Tristan Cabral, Au pied de Soliman

Au pied de Soliman
je vois des grues immenses qui crucifient le ciel,
et de grosses machines jaunes qui enterrent
même la Terre !
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L'ancien :

Jean de Sponde, Qui sont ceux-là ?

Qui sont, qui sont ceux-là, dont le cœur idolâtre,
Se jette aux pieds du Monde, et flatte ses honneurs ?
Et qui sont ces valets, et qui sont ces Seigneurs ?
Et ces Âmes d’Ébène, et ces Faces d’Albâtre ?
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La trouvaille :

Amélie Murat, Chant du désir

Ô minuit, sois plus noir que le lit clos des grottes !
Sois plus sourd, quand recule au large de l’écho
Le cercle évanoui de tes dernières notes,
Que les étangs où sommeillent les villes mortes…
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Mon pays mon naufrage (Tristan Cabral)

À Yann Orveillon,
« Voleur de feu » considérable.


le pays d’où je viens n’est d’aucune mémoire
et la mer en novembre y monte jusqu’aux bois
les maîtres de naufrages attendent sur les dunes
qu’un bateau étranger se perde dans les Passes

Des mots pour l’an 01 (Tristan Cabral)

À Jean-Michel Fossey
l’infatigable patrouilleur des mots…


J’aurai l’amour d’aimer et je prendrai le temps !
le temps d’un sein nu
sous une chemise ;

Septembre noir (Tristan Cabral)


À toi, Buenaventura Durruti,
À toi, « Bonne Aventure » Durruti,

Après Job (Tristan Cabral)

mon corps est si friable
que nulle plaie
jamais
ne cicatrise jamais

Œdipe (Tristan Cabral)

pour Jean-Michel Fossey,
cet « outlaw » considérable…


car nous serons jugés
aux blessures généreuses
car nous serons jugés
à tout ce sang versé

L’Homme (Tristan Cabral)

nous irons chercher l’Homme jusque dans ses terriers
et nous lui donnerons la chasse

Travail de nuit (Tristan Cabral)

c’était au temps de la Grande Mort…