Bâtis d’azur, bâtis de pierre,
Demi granit et demi ciel,
Faits de jour insubstantiel,
Et de la plus lourde matière ;
LE POÈME DE LA QUINZAINE
Tous les 15 du mois, une sélection de grands poèmes pour (re)découvrir la poésie de langue française
Nos clochers à jours (Mathilde Delaporte)
Primitivité virginale (Mathilde Delaporte)
Matin marin… L’air souffle bleu ;
On se croirait aux premiers âges ;
Des grèves s’étendent sauvages,
Une fille passe au milieu ;
Le visage du bonheur (Mathilde Delaporte)
Ici-bas le Bonheur doit porter un visage.
Lorsqu’il demeure épars il n’est point le Bonheur,
Jamais il ne saura contenter notre cœur ;
Même pour un moment, il nous faut davantage.
Vite, sûrement et tout droit (Mathilde Delaporte)
Vite, sûrement et tout droit,
Sans trouble, sans crainte, sans doute,
Comme s’il retrouvait sa route,
Mon cœur s’en est allé vers toi.
Les Roses sous la Lune (Mathilde Delaporte)
Allons ! Allons effeuiller des roses sous la lune.
Clos le jardin !… Chasse tous les soucis du jour,
Et ne nous parlons plus que de choses d’amour ;
Nous allons respirer nos roses une à une.
La maison du passé (Mathilde Delaporte)
À mes parents défunts
J’ai bâti la Maison du Passé dans mon âme !
La porte en est fermée, et, comme en des yeux clos
Aux fenêtres jamais il n’erre plus de flamme.
J’ai bâti la Maison du Passé dans mon âme !
Plus rien d’extérieur n’en trouble le repos.
Les racines de la tombe (Mathilde Delaporte)
À Ernest Prévost
L’exil, c’est de n’avoir personne au cimetière.
On n’est point d’un pays où l’on n’a pas de morts,
Et l’on reste étranger sur un sol dont les corps
D’où sortit notre corps n’ont point fait la poussière.
Soif de la terre (Mathilde Delaporte)
C’est l’été, l’été chaud, et c’est l’heure accablée ;
Les blés s’inclinent, lourds du grain au soleil cuit ;
À force de rayons la terre est aveuglée ;
L’ardent Midi s’endort, morne comme un minuit.