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Le poème de la quinzaine / décembre 2019

Le moderne :

Claude-Henri Rocquet, L’étoile des rois

L’un suit l’étoile comme une lanterne
Buvant des yeux la flamme et le mystère
L’autre penché sur le miroir des eaux
Va son chemin de fontaine en fontaine
Toi comme en songe et les yeux clos tu vois
Luire au miroir de ta nuit personnelle
L’étoile angélique et gardienne

L’auberge des vagues, 1886

L’ancien :

Anna de Noailles, De quoi t’ai-je frustré...

De quoi t’ai-je, en ce jour, frustré, cœur endormi ?
Du vivre, du souffrir, des regrets, de l’espoir ?
Du sourd discernement d’être enclos à demi
Dans la brume insoluble et croissante du soir ?
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La trouvaille :

Francis Jammes, L’âne était petit

L’âne était petit et plein de pluie et tirait
la charrette qui avait passé la forêt.
La femme, sa petite fille, et le pauvre âne
faisaient leur devoir doux, puisque dans le village
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Le poème de la quinzaine / décembre 2018

Le moderne :

Claude-Henri Rocquet, Marie

Lorsque Marie à la fenêtre bleue
Vit l’ange redevenir invisible
Et se confondre à la lumière d’avril
Vit-elle dans l’hiver venu
Ce chemin dans la neige, le vent
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L’ancien :

Paul Verlaine, Gaspard Hauser chante :

Je suis venu, calme orphelin,
Riche de mes seuls yeux tranquilles,
Vers les hommes des grandes villes :
Ils ne m’ont pas trouvé malin.
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La trouvaille :

Madeleine de L’Aubespine, Pour vous

L’on verra s’arrêter le mobile du monde,
Les étoiles marcher parmi le firmament,
Saturne infortuné luire bénignement,
Jupiter commander dedans le creux de l’onde
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Le poème de la quinzaine / fin décembre 2016

Le moderne :

Claude-Henri Rocquet, Tristan

À la dernière année, au dernier pas de la tour, sur la terrasse la plus haute, dans le berceau du vertige, à la hauteur des nuages, à la hauteur des plus hautains oiseaux, à la cime glacée du vent, quand il est parvenu, barbe blanche et visage maigre, il n’a plus de regard.
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L’ancien :

Saint-John Perse, Chant pour un équinoxe

L’autre soir, il tonnait, et sur la terre aux tombes j’écoutais retentir
cette réponse à l’homme, qui fut brève, et ne fut que fracas.
Amie, l’averse du ciel fut avec nous, la nuit de Dieu fut notre intempérie,
et l’amour, en tous lieux, remontait vers ses sources.
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La trouvaille :

Christofle de Beaujeu, Ô belle Nuit

Ô belle Nuit, tu es évanouie,
Où sont logés tes chevaux furieux
Qui brunissaient d’une haleine obscurcie
Les monts, les vaux, les plaines et les cieux ?
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Le poème de la quinzaine / fin décembre 2014

Le moderne :

Claude-Henri Rocquet, Neige, neige...

Neige, neige ! cache les fugitifs !
Cette femme et son enfant sur l'âne
Et cet homme qui tient la bride et le bâton
Cherchant à voir dans la blancheur éblouissante
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L'ancien :

Pierre Reverdy, Dans le monde étranger

Je ne peux plus regarder ton visage
Où te caches-tu
La maison s’est évanouie parmi les nuages
Et tu as quitté la dernière fenêtre
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La trouvaille :

Mellin de Saint-Gelais, Il n'est point tant de barques à Venise

Il n’est point tant de barques à Venise,
D’huîtres à Bourg, de lièvres en Champagne,
D’ours en Savoie, et de veaux en Bretagne,
De Cygnes blancs le long de la Tamise,
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Neige, neige... (Claude-Henri Rocquet)

Neige, neige ! cache les fugitifs !
Cette femme et son enfant sur l'âne
Et cet homme qui tient la bride et le bâton
Cherchant à voir dans la blancheur éblouissante

Dehors (Claude-Henri Rocquet)

Et la dernière lumière avant
La montagne sans accueil
Et son noir chaos de roches
Est cette lueur louche et rouge

Déjà (Claude-Henri Rocquet)

Déjà le rouge a gagné les collines
Déjà l'automne se recueille

Le poète quitte son jardin secret (Claude-Henri Rocquet)

Et maintenant que nul n'aura plus soin de vous
Mes arbres et mes herbes folles