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Nos maisons (Monique Laederach)

Nos maisons cependant n'ont pas toujours été
de cette pierre froide et nue
aride comme du sel, blanches dehors
blanches dedans

Laissé pour les autres (Monique Laederach)

Nous avons laissé pour les autres
les pierres entassées
comme des temples ou
comme des tombeaux.

Nous avons bâti l'enfance (Monique Laederach)

Or, nous avons bâti l'enfance
comme un manteau de laine

Pose là ton visage (Monique Laederach)

Pose là ton visage
où tendrement s’ouvrent les lèvres de la nuit,

Si je suis errante (Monique Laederach)

Car si je suis errante, pour quel matin serait-ce,
sinon pour cet espace où je naîtrais donnée,
ceinte à la fois de la pierre et de l'eau ?

La jeune fille (Monique Laederach)

Mais la jeune fille se bouche les oreilles,
elle crie :
Si je ne parle pas, il ne peut rien m’arriver !

À quel amour (Monique Laederach)

À quel amour ai-je rêvé qu’il donne et qu’il retire
tout à la fois sa résine à mon arbre ?

L’étain la source, 1 (Monique Laederach)

I

Ô nocturnes en nous, nocturnes les désirs
Et ce vivre couché sur le versant des morts !