Le poème de la quinzaine / juin 2020

Le moderne :

Cécile Coulon, Bientôt, Eyzahut

Tu as éparpillé des morceaux de mes ancêtres dans tes vallées
sur tes flancs les chevaux endormis ne voient pas ceux
qui montent
ton cimetière au bord d’une vieille église
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L’ancien :

Gérard de Nerval, Delfica

La connais-tu, Dafné, cette ancienne romance,
Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs,
Sous l’olivier, le myrthe ou les saules tremblants,
Cette chanson d’amour... qui toujours recommence !
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La trouvaille :

Lazare de Selve, Sur la prise de Jésus-Christ

Sont-ce là, ô Époux, les liens amoureux
Qui vous devaient lier avec votre amoureuse ?
Ces armes que je vois, & cette torche affreuse
Est-ce là hyménée, & vos traits, & vos feux ?
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Le poème de la quinzaine / mai 2020

Le moderne :

Frédéric Tison, Heures

Il y a autre chose que le vent dans le vent qui s’en va.
Il y a l’heur et le malheur de tes voix, il y a des yeux clairs, des mondes et des corps, des milliers de tendresses.
Il y a d’autres mondes, d’autres corps — et l’amour et son corps
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L’ancien :

Alphonse de Lamartine, L’Hymne de la nuit

Le jour s’éteint sur tes collines,
Ô terre où languissent mes pas !
Quand pourrez-vous, mes yeux, quand pourrez-vous, hélas !
Saluer les splendeurs divines
Du jour qui ne s’éteindra pas ?
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La trouvaille :

Joyce Mansour, Le soleil dans le capricorne

Trois jours de repos
Pourquoi pas la tombe
J’étouffe sans ta bouche
L’attente déforme l’aube prochaine
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Le poème de la quinzaine / avril 2020

Le moderne :

Marcel Moreau, Tombeau pour les enténébrés

Au sortir du gouffre, l’avaricieuse lumière,
Hépatique et fuyante…
Je ne sais quelle affliction d’un ciel
Qui ne sait plus s’ouvrir,
Ni rire, ni bleuir…
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L’ancien :

Paul Verlaine, Le ciel

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit
Berce sa palme.
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La trouvaille :

Sabine Sicaud, Douleur, je vous déteste

Douleur, je vous déteste ! Ah ! que je vous déteste !
Souffrance, je vous hais, je vous crains, j’ai l’horreur
De votre guet sournois, de ce frisson qui reste
Derrière vous, dans la chair, dans le cœur...
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Le poème de la quinzaine / mars 2020

Le moderne :

Tristan Cabral, Des petits hommes

des pluies de petits hommes ont envahi les rues
des hommes de proie ont envahi les plages
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L’ancien :

Jean de Meung, Éloge de la pauvreté

Non, richesse ne rend pas riche
Celui qui la place en trésors.
Car seul le contentement
Fait vivre l’homme richement.
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La trouvaille :

Léon Dierx, Au jardin

Le soir fait palpiter plus mollement les plantes
Autour d’un groupe assis de femmes indolentes
Dont les robes, ainsi que d’amples floraisons,
D’une blanche harmonie argentent les gazons.
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Le poème de la quinzaine / février 2020

Le moderne :

Pierre Oster, La terre

La terre, les rochers... Les rochers, les maisons, la nuit même,
La nuit, la plaine et la mer fondent un savoir proche des murs.
Puis, là-bas, le soleil masque sa solitude avec la nudité des choses,
Brise le ciel des flaques, échafaude un bûcher sur un lac.
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L’ancien :

Maurice de Guérin, Glaucus

Non, ce n’est plus assez de la roche lointaine
Où mes jours, consumés à contempler les mers,
Ont nourri dans mon sein un amour qui m’entraîne
À suivre aveuglément l’attrait des flots amers.
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La trouvaille :

Valentine de Saint-Point, Triptyque de ma mort

Lorsque j’aurai cessé d’interroger en vain, —
Toujours, l’impénétrable et sinistre mystère,
Du chaos au néant, de la graine au levain,
Des hommes et des dieux, du soleil, de la terre
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Le poème de la quinzaine / janvier 2020

Le moderne :

Mérédith Le Dez, Jardin d’hiver

Long novembre étendu sur nos terres d’asile : soleil en feu, azulejo du ciel, splendeur des pâtures au-delà du verger.
Sécheresse d’automne ne s’inclina jamais si tard...
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L’ancien :

Jules Supervielle, Les amis inconnus

Il vous naît un poisson qui se met à tourner
Tout de suite au plus noir d’une lampe profonde,
Il vous naît une étoile au-dessus de la tête,
Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux
Que ses sœurs de la nuit les étoiles muettes.
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La trouvaille :

Adolphe Retté, Sillage

Mes barques s’en vont, s’en vont sur la mer ―
Ô Notre-Dame de désespérances,
mère en sanglots, et l’âpre joie d’avoir tari tes maigres seins !
dresse-toi, dresse-toi sur les flots assassins
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