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Le poème de la quinzaine / début novembre 2015

Le moderne :

Michel Manoll, La Maison déserte

J’entre ce soir dans la maison déserte, sous les pins.
L’ombre a tout saccagé. Cependant, je reviens
Tout seul, comme autrefois je marchais sur la plage,
Ignorant, ignoré des amis de mon âge.
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L’ancien :

Paul Claudel, La musique

L’acacia ruisselle de lait et la lune fait des siennes au dehors
Partons ! on nous a donné rendez-vous sur un lac d’or
À la recherche de ce rêve depuis hier dont seul un certain accord de rondes est resté
Sur une embarcation de croches qu’une larme suffit à lester
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La trouvaille :

Émilie Arnal, Lorsque viendra le soir

Que de fois le bonheur, sans détourner la tête,
Sans me voir, sans m’entendre, est passé près de moi,
Je n’ai pas dit le mot par lequel on arrête
L’inconnu dont le pas fait naître tant d'émoi.
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On a rentré les foins (Émilie Arnal)

On a rentré les foins. Ce soir la grange est pleine
De la chaude senteur des herbes de nos prés :
L’anneau d’or du soleil a glissé sur la plaine,
Mais l’air est pur, ici, sur les monts empourprés.

La maison de granit (Émilie Arnal)

Mes lèvres avaient soif de la tendresse humaine ;
Je voulais la douceur de ce vin généreux
Fait des fruits les plus beaux du terrestre domaine
Où nous passons, brûlés du désir d’être heureux.

Je vous aime (Émilie Arnal)

Seigneur, vous le savez aussi que je vous aime,
Moi, dont le faible cœur, par mille nœuds lié,
Vous a depuis longtemps trop souvent renié !
Je vous aime pourtant beaucoup plus que moi-même.