À Yann Orveillon,
« Voleur de feu » considérable.
le pays d’où je viens n’est d’aucune mémoire
et la mer en novembre y monte jusqu’aux bois
les maîtres de naufrages attendent sur les dunes
qu’un bateau étranger se perde dans les Passes
LE POÈME DE LA QUINZAINE
Tous les 15 du mois, une sélection de grands poèmes pour (re)découvrir la poésie de langue française
À Yann Orveillon,
« Voleur de feu » considérable.
le pays d’où je viens n’est d’aucune mémoire
et la mer en novembre y monte jusqu’aux bois
les maîtres de naufrages attendent sur les dunes
qu’un bateau étranger se perde dans les Passes
Asseyez-vous, peuples de loups, sur les frontières
et négociez la paix des roses, des ruisseaux,
l’aurore partagée.
D’une jonchée, l’avoine
des foins fanés fourrage la chevelure,
À mon festin de mendiante je convoque certain soir les chers morts. Les disparus au bord de la tombe dans l’adieu du cimetière, les oubliés des églises, les ardents aux urnes précieuses... Les couchés dans la fosse boueuse, je vois encore la corde rêche qui les coula tout au fond et je ne m’y suis pas pendue.
Nous avancions rapides
Assujettis aux
déchirures du ciel
Avalée engloutie gorgée
d’eau noire et blafarde
La cité repoussait tout
émeraude au-delà de ses ponts
Long novembre étendu sur nos terres d’asile : soleil en feu, azulejo du ciel, splendeur des pâtures au-delà du verger.
Sécheresse d’automne ne s’inclina jamais si tard...
À Jean-Michel Fossey
l’infatigable patrouilleur des mots…
J’aurai l’amour d’aimer et je prendrai le temps !
le temps d’un sein nu
sous une chemise ;