Le poème de la quinzaine / début décembre 2015

Le moderne :

Xavier Grall, Solo

Seigneur me voici c’est moi
je viens de petite Bretagne
mon havresac est lourd de rimes
de chagrins et de larmes
J’ai marché
jusqu’à votre grand pays
ce fut ma foi un long voyage
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L’ancien :

Marceline Desbordes-Valmore, Élégie (Ma sœur, il est parti !)

Ma sœur, il est parti ! ma sœur, il m’abandonne !
Je sais qu’il m’abandonne, et j’attends, et je meurs,
Je meurs. Embrasse-moi, pleure pour moi... pardonne...
Je n’ai pas une larme, et j’ai besoin de pleurs.
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La trouvaille :

Francis Vielé-Griffin, Je regarde, feuille à feuille...

Je regarde, feuille à feuille,
S’éparpiller dans le soir
Le manteau d’or et d’orgueil
De ces grands arbres noirs
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Le poème de la quinzaine / fin novembre 2015

Le moderne :

René Depestre, Un arc-en-ciel pour l’occident chrétien

Il n’y a de salut pour l’homme
Que dans un grand éblouissement
De l’homme par l’homme je l’affirme
Moi un nègre inconnu dans la foule
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L’ancien :

Pernette du Guillet, Combien de fois

Combien de fois ai-je en moi souhaité
Me rencontrer sur la chaleur d’été
Tout au plus près de la claire fontaine,
Où mon désir avec cil se promène
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La trouvaille :

Albert Samain, Tout dort

Tout dort. Le fleuve antique entre ses quais de pierre
Semble immobile. Au loin s’espacent des beffrois.
Et sur la cité, monstre aux écailles de toits,
Le silence descend, doux comme une paupière.
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Le poème de la quinzaine / début novembre 2015

Le moderne :

Michel Manoll, La Maison déserte

J’entre ce soir dans la maison déserte, sous les pins.
L’ombre a tout saccagé. Cependant, je reviens
Tout seul, comme autrefois je marchais sur la plage,
Ignorant, ignoré des amis de mon âge.
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L’ancien :

Paul Claudel, La musique

L’acacia ruisselle de lait et la lune fait des siennes au dehors
Partons ! on nous a donné rendez-vous sur un lac d’or
À la recherche de ce rêve depuis hier dont seul un certain accord de rondes est resté
Sur une embarcation de croches qu’une larme suffit à lester
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La trouvaille :

Émilie Arnal, Lorsque viendra le soir

Que de fois le bonheur, sans détourner la tête,
Sans me voir, sans m’entendre, est passé près de moi,
Je n’ai pas dit le mot par lequel on arrête
L’inconnu dont le pas fait naître tant d'émoi.
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Le poème de la quinzaine / fin octobre 2015

Le moderne :

Roger Munier, Les eaux profondes

Tout ce que je n’ai pas été aussi m’habite. J’en suis fait, comme de ce que j’ai été.
Il y a un autre en moi qui demande et demandera toujours à être. C’est cette demande qui me fait moi.
Tout le malheur de l’homme vient d’une longue enfance qui lui fit croire, entre autres, des choses qui ne sont pas. Et brouillent ce qui pourrait être une froide splendeur adulte, dans le monde féroce et beau.
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L’ancien :

Charles Cros, Conclusion

J’ai rêvé les amours divins,
L’ivresse des bras et des vins,
L’or, l’argent, les royaumes vains,
Moi, dix-huit ans, Elle, seize ans.
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La trouvaille :

Gabrielle de Coignard, Vous le voulez...

Vous le voulez et je le veux aussi,
Vous le voulez, ô ma douce lumière,
Vous le voulez que je sois coutumière
À recéler maint ennuyeux souci.
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Le poème de la quinzaine / début octobre 2015

Le moderne :

Pascal Perrot, Cette icône aux yeux méchants

Ce quelque chose hurlant la nuit
Cette masse dense qui rampe et grogne
Couine gémit dévore griffe
Cette icône aux yeux méchants
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L’ancien :

Clément Marot, L’adieu aux dames de la cour

Adieu la Court, adieu les dames,
Adieu les filles et les femmes,
Adieu vous dy pour quelque temps,
Adieu vos plaisans passetemps
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La trouvaille :

Léon Dierx, Marche funèbre

Les temps sont arrivés, des vieilles prophéties !
Ils sont venus, les jours d'universelle horreur !
Les ombres du néant, d’heure en heure épaissies,
S’allongent sur nos fronts écrasés de terreur.
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Le poème de la quinzaine / fin septembre 2015

Le moderne :

Pierre Perrin, La Bourrasque inachevée

Je marchais seul. Mes deux mains essuyaient mon visage. Il y perlait une gelée violente. Un vent froid neigeait sur toute la campagne. J’avais quitté le village, et descendais aux portes de la lande. Elles ouvraient devant moi, de part et d’autre d’un chemin où l’herbe toujours plus s’obstinait une plage fraîche.
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L’ancien :

Jean-Pierre Claris de Florian, Plaisir d’amour

Plaisir d’amour ne dure qu’un moment,
Chagrin d’amour dure toute la vie.
J’ai tout quitté pour l’ingrate Sylvie,
Elle me quitte et prend un autre amant.
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La trouvaille :

Léocadie Hersent-Penquer, L’adieu

Adieu !... tu m’as quittée. Adieu !... tu m’as laissée.
Tu pars sans moi. Tu meurs... tu peux mourir sans moi !...
J'allais mourir aussi... Mais Dieu m’a repoussée.
Pourquoi ?... N’étais-je pas encor digne de toi ?...
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Le poème de la quinzaine / début septembre 2015

Le moderne :

Patrice de la Tour du Pin, Légende

Va dire à ma chère Île, là-bas, tout là-bas,
Près de cet obscur marais de Foulc, dans la lande,
Que je viendrai vers elle ce soir, qu’elle attende,
Qu’au lever de la lune elle entendra mon pas.
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L’ancien :

Henri Michaux, Où poser la tête

Un ciel
un ciel parce qu’il n’y a plus la terre,
sans une aile, sans un duvet, sans une plume d’oiseau,
sans une buée
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La trouvaille :

Maurice Maeterlinck, J’ai cherché trente ans, mes sœurs

J’ai cherché trente ans, mes sœurs,
     Où s’est-il caché !
J’ai marché trente ans, mes sœurs,
     Sans m’en approcher…
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