Le poème de la quinzaine / début avril 2015

Le moderne :

Vénus Khoury-Ghata, À Yasmine

Tu es mon point du jour
mon île colorée en bleu
ma clairière odorante
Tu es ma neige volée
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L'ancien :

Alphonse de Lamartine, Le lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emporté sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
        Jeter l’ancre un seul jour ?
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La trouvaille :

Robert Brasillach, Psaume VII

J’ai passé cette nuit au mont des Oliviers :
Étais-je auprès de vous bien indigne, Seigneur ?
Je ne sais, mais la chaîne était lourde à mes pieds
Et je suais aussi, comme vous, ma sueur.
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Le poème de la quinzaine / fin mars 2015

Le moderne :

René Char, Le Thor

Dans le sentier aux herbes engourdies où nous nous étonnions, enfants, que la nuit se risquât à passer, les guêpes n’allaient plus aux ronces et les oiseaux aux branches
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L'ancien :

Théodore Agrippa d’Aubigné, Au tribunal d’amour

Au tribunal d’amour, après mon dernier jour,
Mon cœur sera porté diffamé de brûlures,
Il sera exposé, on verra ses blessures,
Pour connaître qui fit un si étrange tour
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La trouvaille :

Pierre Louÿs, Pervigilium Mortis

Ouvre sur moi tes yeux si tristes et si tendres,
Miroirs de mon étoile, asiles éclairés,
Tes yeux plus solennels de se voir adorés,
Temples où le silence est le secret d’entendre.
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Le poème de la quinzaine / début mars 2015

Le moderne :

Tristan Cabral, Au pied de Soliman

Au pied de Soliman
je vois des grues immenses qui crucifient le ciel,
et de grosses machines jaunes qui enterrent
même la Terre !
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L'ancien :

Jean de Sponde, Qui sont ceux-là ?

Qui sont, qui sont ceux-là, dont le cœur idolâtre,
Se jette aux pieds du Monde, et flatte ses honneurs ?
Et qui sont ces valets, et qui sont ces Seigneurs ?
Et ces Âmes d’Ébène, et ces Faces d’Albâtre ?
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La trouvaille :

Amélie Murat, Chant du désir

Ô minuit, sois plus noir que le lit clos des grottes !
Sois plus sourd, quand recule au large de l’écho
Le cercle évanoui de tes dernières notes,
Que les étangs où sommeillent les villes mortes…
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Le poème de la quinzaine / fin février 2015

Le moderne :

Antoine Maine, Sur la rive

Sur la rive il y a ce vieux couple
Enlacé embrassé comme si
C’était le dernier jour du monde
Si c’était le dernier amour
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L'ancien :

Saint-Pol-Roux, Pour dire aux funérailles des poètes

Allez bien doucement messieurs les fossoyeurs.
Allez bien doucement, car le cercueil n'est pas comme les autres où se trouve un bloc d'argile enlinceulé de langes, celui-ci recèle entre ses planches un trésor que recouvrent deux ailes très blanches comme il s'en ouvre aux épaules fragiles des anges.
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La trouvaille :

Madeleine Des Roches, Ode

Ainsi que la lumière
Dompte l’obscurité,
La science est première ;
Mais tout est vanité.
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Le poème de la quinzaine / début février 2015

Le moderne :

Jean Malrieu, À l’usage des humbles

À l’usage des humbles, de ceux qui s’aiment, j’écris que la terre est dure, que tout passe, hormis l’amour.
J’écris ce que je sais et ce que nous savons, mais que nous avons à mieux connaître pour vivre,
Que la fougère épouse le houblon,
Que l’amour n’est jamais malheureux.
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L'ancien :

Alfred de Vigny, La Maison du berger

... Pars courageusement, laisse toutes les villes ;
Ne ternis plus tes pieds aux poudres du chemin,
Du haut de nos pensers vois les cités serviles
Comme les rocs fatals de l’esclavage humain.
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La trouvaille :

Louisa Siefert, Amour

Ô rêves de jeunesse, éblouissant mirage,
Qui vous arrachera de mon cœur éperdu ?
Qu’étaient donc ma raison, ma force, mon courage,
Qu’ils aient fui pour un mot dans la nuit entendu ?
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Le poème de la quinzaine / fin janvier 2015

Le moderne :

Léopold Sédar Senghor, Neige sur Paris

Seigneur, vous avez visité Paris par ce jour de votre naissance
Parce qu’il devenait mesquin et mauvais
Vous l’avez purifié par le froid incorruptible
Par la mort blanche.
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L'ancien :

Catherine Pozzi, Nyx

Ô vous mes nuits, ô noires attendues
Ô pays fier, ô secrets obstinés
Ô longs regards, ô foudroyantes nues
Ô vol permis outre les cieux fermés.
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La trouvaille :

Antonin Artaud, Amour

Et l’amour ? Il faut nous laver
De cette crasse héréditaire
Où notre vermine stellaire
Continue à se prélasser
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Le poème de la quinzaine / début janvier 2015

Le moderne :

Colette Nys-Mazure, Parti pris

Je sais la mort, le vide, l’angoisse suante.
Je pourrais hurler au mal, à la nuit.
Crier le temps à l’œuvre en moi :
la lente corruption des sources
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L'ancien :

Émile Verhaeren, Les mages

— De quels vieux orients et de myrrhe et d’encens,
Avec, entre vos mains, quels dons et quels présents,
Avec, en votre cœur, quels chants et quels hommages,
Dites, arrivez-vous vers nous
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La trouvaille :

Aloysius Bertrand, Ondine

« Écoute ! — Écoute ! — C’est moi, c’est Ondine qui frôle de ces gouttes d’eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune ; et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.
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