Dans cette grande maison que personne ne connaît
Avec sa façade, ses murs qui restent à mi-chemin
Entre les pierres et l’homme,
LE POÈME DE LA QUINZAINE
Tous les 15 du mois, une sélection de grands poèmes pour (re)découvrir la poésie de langue française
Dans cette grande maison que personne ne connaît... (Jules Supervielle)
Femme de soleil blanc (Jean-Claude Renard)
Femme que la lumière et que la mer saluent
je salue dans ton corps le peuple de l’été,
Père d’or et de sel (Jean-Claude Renard)
à Notre Père et à mon père.
Père d’or et de sel, ô Père intérieur,
Père d’eau, Père pur par l’arbre et par le feu,
À la fin du soir (Jean Grosjean)
Le mur écroulé,
la rue sans passants
le soleil ôté,
le ciel enfin seul.
La maison du passé (Mathilde Delaporte)
À mes parents défunts
J’ai bâti la Maison du Passé dans mon âme !
La porte en est fermée, et, comme en des yeux clos
Aux fenêtres jamais il n’erre plus de flamme.
J’ai bâti la Maison du Passé dans mon âme !
Plus rien d’extérieur n’en trouble le repos.
Les racines de la tombe (Mathilde Delaporte)
À Ernest Prévost
L’exil, c’est de n’avoir personne au cimetière.
On n’est point d’un pays où l’on n’a pas de morts,
Et l’on reste étranger sur un sol dont les corps
D’où sortit notre corps n’ont point fait la poussière.
Soif de la terre (Mathilde Delaporte)
C’est l’été, l’été chaud, et c’est l’heure accablée ;
Les blés s’inclinent, lourds du grain au soleil cuit ;
À force de rayons la terre est aveuglée ;
L’ardent Midi s’endort, morne comme un minuit.