Humblement, sur l’autel où d’autres ont laissé
Leur espoir, leur amour, leur vie ardente même,
J’apporte mon offrande... et ce n’est qu’un poème,
Plainte lyrique où pleure un sanglot cadencé.
LE POÈME DE LA QUINZAINE
Tous les 15 du mois, une sélection de grands poèmes pour (re)découvrir la poésie de langue française
Liminaire (Amélie Murat)
Soleil aux aplombs verts (Louis Calaferte)
Soleil aux aplombs verts
ces contrées étaient tiennes par toutes les racines
des muscles et des pierres
Filles mortes (Anthony Lhéritier)
Filles mortes, feuilles mortes
Le vent du temps vous déporte
Vous déporte légères.
Deux lettres de Max Jacob sur la poésie
Ces deux lettres ont été adressées au poète Jacques Borel, alors adolescent, en réponse aux poèmes que ce dernier avait envoyés à Max Jacob. Elles ont été reproduites dans le n° 38 (janvier 2002) de la revue Hors Jeu, consacré à Max Jacob.
Noir comme la mer (Louis Guillaume)
Tout ce que je ne puis te dire
À cause de tant de murs
Tout cela qui s’accumule
Autour de nous dans la nuit
Ma muse (Valery Larbaud)
Je chante l’Europe, ses chemins de fer et ses théâtres
Et ses constellations de cités, et cependant
J’apporte dans mes vers les dépouilles d’un nouveau monde :
Des boucliers de peaux peints de couleurs violentes,
Vieux pays (Charles Le Quintrec)
Il me souvient d’un vieux pays d’herbe et de brume
On y mène parfois les âmes. Le silence
Y règne dans le vent qui rameute la mer
C’est là-bas… Quelle baie pour y plonger le ciel
N’y poussent bien que les astres de longue errance.