À Mario Luzi
Maître, le temps s’élève au détour des chemins
dans la poussière qui là-bas monte et qui s’avive
au soir, et retombe sans pesanteur. Car tout
LE POÈME DE LA QUINZAINE
Tous les 15 du mois, une sélection de grands poèmes pour (re)découvrir la poésie de langue française
À Mario Luzi
Maître, le temps s’élève au détour des chemins
dans la poussière qui là-bas monte et qui s’avive
au soir, et retombe sans pesanteur. Car tout
Amour, inclinons-nous vers cette terre qui respire,
tandis que passent les vaisseaux du soir
Ah, maintenant, emmène-moi. Tout est sommeil.
Emmène-moi parmi les fleurs phosphorescentes
Amour, prends-moi la main, que la nuit passe
autour de nous avec ses ruses et ses ongles
Cette patrie que nous cherchions, la voici sombre
tout à coup, dans la violence inhabituelle du soir
qui lève de grandes mains violettes sur la nuit,
La tristesse est profonde et dort au fond des yeux.
Midi. Le vent dans les tilleuls brasse si violemment depuis l’aube le duvet des montagnes et l’orage évadé de nos gorges et les aromates délirants de l’amour.