Le poème de la quinzaine / octobre 2021

Le moderne :

Josette Hersent, Dès le premier instant

Dès le premier instant, mon âme fut troublée
Pourquoi suis-je venue, pourquoi suis-je restée…
Avez-vous seulement perçu cet abandon
De l’âme qui se sait rentrée à la maison ?
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L’ancien :

Alphonse de Lamartine, L’automne

Salut ! bois couronnés d’un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !
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La trouvaille :

Jean-Baptiste Chassignet, Le Mespris de la vie et consolation contre la mort

Assies toy sur le bort d’une ondante riviere
Tu la verras fluer d’un perpetuel cours,
Et flots sur flots roulant en mille & mille tours
Descharger par les préz son humide carriere.
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Le poème de la quinzaine / septembre 2021

Le moderne :

Édouard Glissant, Le premier jour

La boue des mornes descend rougir les coutelas. Présence, ô flots!
Un homme en son discours régit les brumes des flambeaux, il voit
L’image qu'ont levée sa poitrine, ses mots. Il noue la nuit parmi les cannes et les eaux. Il dit l'argile sur le corps, et puis ce mot.
Il crie.
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L’ancien :

Marie Noël, Le Prêtre. Les angoisses

Êtes-vous là, mon Dieu ? Moi, votre pauvre prêtre
Qu’un jour hors du bonheur votre voix appela,
Me voici comme alors devant Vous, ô mon Maître.
Mais Vous que j’ai suivi, Seigneur, êtes-vous là ?
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La trouvaille :

Roger-Arnould Rivière, Je sais la caresse du petit matin

Je sais la caresse du petit matin, l’aplomb brutal de midi, la sournoise inversion du soir
je sais le vertigineux à-pic de la nuit et l’accablante horizontalité du jour
je sais les hauts et les bas, les hauts d’où l’on retombe à coup sûr, les bas dont on ne se relève pas
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Le poème de la quinzaine / octobre 2020

Le moderne :

Yves Bonnefoy, Passant auprès du feu

Je passais près du feu dans la salle vide
Aux volets clos, aux lumières éteintes,
Et je vis qu’il brûlait encore, et qu’il était même
En cet instant à ce point d’équilibre
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L’ancien :

Guillaume Apollinaire, Vendémiaire

Hommes de l’avenir souvenez-vous de moi
Je vivais à l’époque où finissaient les rois
Tour à tour ils mouraient silencieux et tristes
Et trois fois courageux devenaient trismégistes
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La trouvaille :

Cécile Périn, Dans le labyrinthe

Je ne veux désormais que l’ombre et la douleur.
Pour que vers mon ami je marche plus légère,
De tout ce qui fut doux j’ai dépouillé mon cœur
Tout palpitant encor de bonheurs éphémères.
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Le poème de la quinzaine / septembre 2020

Le moderne :

Isabelle Callis-Sabot, Poème courtois

Je maudis mon bonheur, vous sentant malheureuse,
Je refuse d’aimer, vous sachant sans amour,
J’ai peur de m’endormir, songeant à vos nuits creuses,
Je crains de m’éveiller, voyant vos sombres jours
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L’ancien :

Paul-Jean Toulet, Contrerimes

Dans le silencieux automne
D’un jour mol et soyeux,
Je t’écoute en fermant les yeux,
Voisine monotone.
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La trouvaille :

Charles Maurras, Le colloque des morts

Les compagnons deviennent rares.
Ô chers témoins du souvenir,
Qu’est le destin qui nous sépare
Et saura-t-il nous réunir ?
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Le poème de la quinzaine / août 2020

Le moderne :

Charles Le Quintrec, Qu’amour vienne

Qu’amour vienne et me parle
Un arbre nu navigue
Il n’est d’autre musique
Qui ne sorte d’un saule
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L’ancien :

Arthur Rimbaud, Ophélie

Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles…
– On entend dans les bois lointains des hallalis.
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La trouvaille :

Élisa Mercœur, Vivre sa vie

Ne jamais redouter le temps qui nous entraîne,
Attendre sans effroi son rappel vers les cieux,
Chaque jour détacher un anneau de sa chaîne,
Mourir sans exhaler des regrets pour adieux ;
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Le poème de la quinzaine / juillet 2020

Le moderne :

Pierre Judide, Psaume 89

Voici le psaume montant des entrailles du temps,
le psaume des peuples en marche
et des éclatements.
Rouges noirs les jours de rage,
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L’ancien :

Victor Segalen, Éloge et pouvoir de l’absence

Je ne prétends point être là, ni survenir à l’improviste, ni paraître en habits et chair, ni gouverner par le poids visible de ma personne,
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La trouvaille :

Marie de Régnier, Poème funèbre

Lorsque vous m’étendrez au bûcher de santal,
Avant que je devienne une cendre légère
Éloignez de mes doigts l’obole de métal.
Je veux que ce qui fut ma grâce passagère
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Le poème de la quinzaine / juin 2020

Le moderne :

Cécile Coulon, Bientôt, Eyzahut

Tu as éparpillé des morceaux de mes ancêtres dans tes vallées
sur tes flancs les chevaux endormis ne voient pas ceux
qui montent
ton cimetière au bord d’une vieille église
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L’ancien :

Gérard de Nerval, Delfica

La connais-tu, Dafné, cette ancienne romance,
Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs,
Sous l’olivier, le myrthe ou les saules tremblants,
Cette chanson d’amour... qui toujours recommence !
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La trouvaille :

Lazare de Selve, Sur la prise de Jésus-Christ

Sont-ce là, ô Époux, les liens amoureux
Qui vous devaient lier avec votre amoureuse ?
Ces armes que je vois, & cette torche affreuse
Est-ce là hyménée, & vos traits, & vos feux ?
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