Après des mois d’éther ardent dont le bleu brûle la peau du jour, la terre à sec halète, l’herbe brune crie vers l’averse autour des roses aux joues grises et ridées, pendant qu’un lambeau de brise essuie furtivement le figuier en sueur.
LE POÈME DE LA QUINZAINE
Tous les 15 du mois, une sélection de grands poèmes pour (re)découvrir la poésie de langue française
La vie est tellement plus vaste que la mort (Sylvie Reff-Stern)
La vie est tellement plus vaste que la mort
et nous rions, accrochés aux branches
L’indicible (Élisabeth Kœchlin)
Pas de mots
la tendresse du vent
le respir d’une essence
l’accueil de son épaule…
La nuit du labyrinthe (Marc Alyn)
I
Inextricable lacis de couloirs pareils aux veines
Où circule le sang sombre du taureau, escaliers
Avoir bu les étoiles (Adrien Mithouard)
Le ciel était de nuit, d’astres et de silence.
Au fleuve alors, où l’onde agitait la semblance
Des paysages et des univers en jeu,
Je puisai l’eau frigide où frissonnait du feu :
Plaines (Jules Tellier)
Sous le ciel confus d’une matinée de nuages et d’orage, les deux jetées fermaient la rade aux trois quarts, tournées l’une vers l’autre ainsi que seraient au repos les deux pinces d’un grand crabe étendu.
Les Paroles d’un Maudit (Stanislas de Guaita)
A Charles Delacour
I
S’il est vrai, Dieu puissant, ô toi que j’adorai,
Qu’en paradis, où dort ta muette indolence,
Tu te laisses bercer au soupir qui s’élance
De mon corps maladif et de mon coeur navré ;