Le retour (Marie de Régnier, née de Heredia)

Tu reviendras ce soir, portant des fleurs sauvages,
Par les chemins de l’ombre où les arbres sont bleus,
Et, voilant les reflets des fuyants paysages,
Tout le grand crépuscule assombrira tes yeux.

Au matin, je la croyais morte (Anne Fontaine)

Au matin, je la croyais morte. La voici, plus belle que le jour. Elle avance comme une canonnière. Comme un vaisseau à l’abordage. Je suis le flot qu’elle pourfend. Elle m’envahit, elle me pénètre.

D’abîme en abîme... (Jean-Claude Demay)

D’abîme en abîme je suis descendu jusqu’aux plus reculées régions de l’être et j’ai perçu, derrière la paroi des apparences et de mes hallucinations, le souffle rauque d’une sorte de bête inexistante,

Le prisme du canal... (Jean-Claude Demay)

Le prisme du canal parachevé de morts insensiblement dresse les fûts abattus de part et d’autre de l’allée liquide. Loin en aval il coule un vent blafard coupant,

Il avait vu... (Jean-Claude Demay)

Il avait vu l’ombre verte des cathédrales
et les vitraux arborescents
la flamme végétale en volutes
le lac de verre à boire l’âme

Captive (Marie Noël)

Il était une fois une joyeuse enfant
Dans mon pays. Son âme en elle était plus gaie
Que l’oisillon des champs sautillant sur la haie,
           Plus vive que le vent.

Chant de la merci (Marie Noël)

« Ils entreprirent d’instituer un Ordre pour Rédemption des Captifs... se livrant soi-même plus d’une fois pour la délivrance d’un grand nombre. »
(OFFICE DE NOTRE-DAME DE LA MERCI.)

À tous ceux-là qui très loin sont captifs
Dans le silence ; aux âmes enchaînées