Virginius (Eugène Hollande)

(Fragment)

À Firmin Roz

« Inanité des vies d’extase, de synthèse, de quiétisme. »
J.-H. Rosny

I

La nuit retient son souffle et pose ses ténèbres
Comme un manteau sans pli sur de sèches vertèbres,
Aux angles d’un château que baigne un morne étang.

Vers pour André Ibels (C.-M. Savarit)

Au haut des mâts, prenez les ris, ô matelots !
C’est trop lontemps se mesurer à la tempête :
De plus forts ont lutté sur qui roulent les flots,
Car la révolte est brève ainsi qu’un jour de fête.

Le livre prophétique - XXXVII (André Ibels)

Le Parc, au clair de lune agonisant, offert
Comme une Vierge chaste aux baisers de l’Époux,
Déploie en s’étalant et son torse et sa chair,
Rêvant l’étreinte blanche et nocturne à son cou ;

A.S.C. (Claude Hopil)

Heureux le jour fatal où ton astre vainqueur
Charma si dextrement mon âme volontaire,
Heureux cent fois ce jour que je fête en mon cœur,
Qui dès lors à tes yeux se rendit tributaire.

Stances (Claude Hopil)

Que me sert-il d’aimer une Dame amoureuse,
Dont les yeux m’ont su vaincre et me rendre vainqueur,
Puisque pour m’affliger la fortune ennuyeuse
Me prive sans espoir des appâts de mon cœur ?

Pour une dame ingrate (Claude Hopil)

Hélas ! que dira-t-on d’une âme si volage,
Les songes et le vent ressemblent à sa foi,
Je crois qu'elle songeait en me donnant la loi,
Ou le vent d’inconstance agitait son courage.

Cantique LXXV (Claude Hopil)

Non, je n’ai plus de cœur, d’esprit ni de mémoire
Depuis l’heureuse nuit que j’entrevis la gloire
       Du Monarque d’amour,
Nuit devant qui mes jours ne sont qu’une vaine ombre,
       (Nuit plus claire qu’un jour)
Des jours de Paradis, je veux te mettre au nombre.