Je ne veux plus marcher dans la nuit. Je veux
croire,
Je veux aimer, prier, adorer. Je veux boire
Aux
sources de la vie, aux sources du pardon.
Prenez-moi tout
entier, mon Dieu, je vous fais don
LE POÈME DE LA QUINZAINE
Tous les 15 du mois, une sélection de grands poèmes pour (re)découvrir la poésie de langue française
Le fils (Joachim Gasquet)
L’adieu (Véga)
Le soir viendra, soir de ma vie ardente et brève ;
Malgré le beau soleil, déjà je le
pressens :
Il me faudra bientôt m’éveiller
de mon rêve.
Rêverie (Théo Varlet)
Berger las du troupeau sentimental des heures
Solaires au Brocken nu des nuits spirituelles,
Sur le
fond merveilleux des cieux intérieurs,
Je regarde monter
mon Ombre essentielle.
La mort du poète (Paul-Hubert)
(Fragment)
J’ai vécu de la Ville et mourrai de
sa mort
Pour avoir oublié la terre maternelle,
Qui
jadis me berça sous ses horizons d’or
Près
de la mer vibrante aux rumeurs éternelles.
Les mots que je t’ai dits, d’autres te les diront (André Foulon de Vaulx)
Les mots que je t’ai dits, d’autres te
les diront ;
Les mots que tu m’as dits, tu les diras
à d’autres :
Leurs caresses viendront, trop
semblables aux nôtres,
Effacer les baisers que j’ai
mis sur ton front.
Au carrefour de la douleur (Albert Fleury)
Au Révérend Père B... et à Francis Jammes
Me voici donc, Seigneur, enveloppé de
vous !
L’ombre de votre main pèse sur ma
pauvre âme ;
Et comme en une cage ardente un lion
fou
Mon être est cerné
par vos flammes.
Virginius (Eugène Hollande)
(Fragment)
À Firmin Roz
« Inanité des vies
d’extase, de synthèse, de quiétisme. »
J.-H. Rosny
I
La nuit retient son souffle et pose ses ténèbres
Comme un manteau sans pli sur de sèches vertèbres,
Aux angles d’un château que baigne un morne étang.