Heureux le jour fatal où ton astre vainqueur
Charma si dextrement mon âme volontaire,
Heureux cent fois ce jour que je fête en mon cœur,
Qui dès lors à tes yeux se rendit tributaire.
LE POÈME DE LA QUINZAINE
Tous les 15 du mois, une sélection de grands poèmes pour (re)découvrir la poésie de langue française
A.S.C. (Claude Hopil)
Stances (Claude Hopil)
Que me sert-il d’aimer une Dame amoureuse,
Dont les yeux m’ont su vaincre et me rendre vainqueur,
Puisque pour m’affliger la fortune ennuyeuse
Me prive sans espoir des appâts de mon cœur ?
Pour une dame ingrate (Claude Hopil)
Hélas ! que dira-t-on d’une âme si volage,
Les songes et le vent ressemblent à sa foi,
Je crois qu'elle songeait en me donnant la loi,
Ou le vent d’inconstance agitait son courage.
Cantique LXXV (Claude Hopil)
Non, je n’ai plus de cœur, d’esprit ni de mémoire
Depuis l’heureuse nuit que j’entrevis la gloire
Du Monarque d’amour,
Nuit devant qui mes jours ne sont qu’une vaine ombre,
(Nuit plus claire qu’un jour)
Des jours de Paradis, je veux te mettre au nombre.
L’approche (Hélène Picard)
Comme ce fut terrible, indicible, soudain,
Ce
fut un incendie, un vertige, une crue,
Le destin qui montait,
du vent dans un jardin,
Une longue clameur ainsi que dans la
rue.
J’aime... (Hélène Picard)
J’aime... C’en est assez pour vous
connaître, ô villes,
Avec vos cris et vos couchants,
Pour vous connaître,
amère et tiède odeur des îles,
Austère bonne odeur des champs.
Mélancolie printanière (Hélène Picard)
Le soir sent la pluie et le mois de Mai,
Les
fenêtres sont, autour de moi, closes.
Je n’ai pas
d’espoir, pas d’or, pas de roses,
Pas de Bien-aimé.