Au
haut des mâts, prenez les ris, ô matelots !
C’est
trop lontemps se mesurer à la tempête :
De plus
forts ont lutté sur qui roulent
les flots,
Car la révolte est brève ainsi qu’un
jour de fête.
LE POÈME DE LA QUINZAINE
Tous les 15 du mois, une sélection de grands poèmes pour (re)découvrir la poésie de langue française
Vers pour André Ibels (C.-M. Savarit)
Le livre prophétique - XXXVII (André Ibels)
Le
Parc, au clair de lune agonisant, offert
Comme une Vierge
chaste aux baisers de l’Époux,
Déploie en
s’étalant et son torse et sa chair,
Rêvant
l’étreinte blanche et nocturne à son cou ;
A.S.C. (Claude Hopil)
Heureux le jour fatal où ton astre vainqueur
Charma si dextrement mon âme volontaire,
Heureux cent fois ce jour que je fête en mon cœur,
Qui dès lors à tes yeux se rendit tributaire.
Stances (Claude Hopil)
Que me sert-il d’aimer une Dame amoureuse,
Dont les yeux m’ont su vaincre et me rendre vainqueur,
Puisque pour m’affliger la fortune ennuyeuse
Me prive sans espoir des appâts de mon cœur ?
Pour une dame ingrate (Claude Hopil)
Hélas ! que dira-t-on d’une âme si volage,
Les songes et le vent ressemblent à sa foi,
Je crois qu'elle songeait en me donnant la loi,
Ou le vent d’inconstance agitait son courage.
Cantique LXXV (Claude Hopil)
Non, je n’ai plus de cœur, d’esprit ni de mémoire
Depuis l’heureuse nuit que j’entrevis la gloire
Du Monarque d’amour,
Nuit devant qui mes jours ne sont qu’une vaine ombre,
(Nuit plus claire qu’un jour)
Des jours de Paradis, je veux te mettre au nombre.
L’approche (Hélène Picard)
Comme ce fut terrible, indicible, soudain,
Ce
fut un incendie, un vertige, une crue,
Le destin qui montait,
du vent dans un jardin,
Une longue clameur ainsi que dans la
rue.